ACTE II, SCÈNE I
CÉLESTE
Enfin, s'il nous accorde la diminution que je lui ai demandée...
HORTEXSE, riant.
Comment ! tu as eu le toupet de lui écrire ?
CÉLESTE
Pourquoi pas? Il doit être charmant, cet homme-là !
HORTEXSE.
Tu ne le connais pas.
CÉLESTE
Je connais sa maison... Enfin, nous recauserons de cela. Tu as une famille très chic : laissemoi te dire que tu ne t'en sers pas assez. Je sais bien qu'il ne faut pas trop compter sur sa famille; mais, du moment qu'on en a une, autant qu'elle soit riche... La voilà, la vraie clientèle, la voilà ! Et c'est toi qui devrais nous l'amener. Tu vis trop renfermée, tu ne sors pas assez... Et puis, je me figure que tu n'es pas aussi gaie qu'autrefois? Dans le commerce, il faut être gaie.
HORTEXSE.
Je suis la gaieté môme.
CÉLESTE
Est-ce que tu regrettes de n'avoir pas épousé ton vieux bonhomme ?
HORTENSE
Si je le regrettais, je l'épouserais. Il est encore temps... tout juste, mais il est encore temps.
CÉLESTE
Alors, tu as toujours confiance?
LES PASSAGKRES
HORTENSE
Mais toujours... et de plus en plus.
CÉLESTE
Tu es persuadée que nous serons dans six mois la première maison de modes de Paris? malgré les petits accrocs qui nous arrivent?
HORTENSE, riant.
Je n'en doute pas une minute.
CÉLESTE
Voilà comment je te veux.
Au fait, où vas-tu?
CÉLESTE
Chez la mère Blondais... G est demain le trente...
HORTENSE
Ah ! oui.
CÉLESTE
J'aurais bien envoyé Léon, mais on ne le voit jamais, ce coco-là. Il n'est bon qu'à fumer de gros cigares et à tramer au café... Quelle drôle d'idée j'ai eue de l'épouser!... (Juand une femme a une profession, elle n'a pas besoin de mari : un amant suffit! Rappelle-toi ça à l'occasion.
HORTENSE
Tu me donnes de jolis conseils, toi, une honnête femme !
CÉLESTE
Il y a de mauvais conseils que seule une honnête femme peut donner... A tout de suite... (Entre Fnnny par le magasin.) (Ju y a-t-il ?
PANNY.
Monsieur et madame La Herche font demander