‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 192 sur 269 · ANNA · texte numérisé non relu

ANNA

Oui, madame.

HORTEXSE, lui tendant un papier.

N'oubliez pas la facture...

(Anna la prend. Entre Céleste par la droite, chapeau, gants, prête à sortir.)

CÉLESTE

Je sors un instant, faire une petite course...

A Anna:) DépêcheZ-VOUS, Anna. (Sort Anna. A Hor-

tense.) Dis donc? Il me semble qu'il est venu pas mal de monde aujourd'hui ?

HORTENSE

Oui, il me semble.

CÉLESTE

Je te le dis, nous avons une maison admirable et qui ne demande qu'à marcher ! Il s'en manque de ça que nous soyons tout à fait lancées... de ça... d'un rien. Je sens venir la clientèle, je la sens venir, elle est là... Seulement, il ne faut pas reculer devant certains sacrifices, et j'en reviens toujours à mon idée : il faut déménager.

IIORTEXSE.

xMais pourquoi ? Nous sommes très bien ici.

CÉLESTE

Non, c'est trop étroit. Dès qu'on a cinq ou six clientes à la fois, on ne sait plus où les fourrer.

HORTENSE

On a rarement cinq ou six clientes à la fois, d'ailleurs.

CÉLESTE

On peut les avoir, on les aura bientôt... ! Tu ne trouves pas curieux que le propriétaire de ce superbe entresol que j'ai visité, boulevard Malesherbes, tout près de la Madeleine, et qui ferait si bien notre affaire, soit précisément ton cousin, monsieur Vandel ?

HORTENSE

Mais c'est tout naturel. Il est très riche.

C'est ce fameux cousin dont tu me parles tout le temps et dont la femme est notre cliente ?

HORTENSE

D'abord, permets, je ne t'en parle pas tout le temps.

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