ACTE II, SCÈNE II
LA HERCHE.
Comment! si nous restons quelque temps! Au fait, j'aurais dû commencer par vous dire ça. Nous avons quitté Tours définitivement... Nous venons habiter Paris.
HORTENSE, étonnée.
Vous, mon cousin ! Vous !
LA HERCHE.
J'aime votre étonnement : il me fait plaisir.
CLOTILDE
Oui, ma chère, Adolphe a enfin consenti à ce que je lui demandais depuis notre mariage.
LA HERCHE.
Pardon ! pardon ! Je tiens à rétablir la vérité devant Hortense. Je n'ai pas consenti et je ne consens pas. Je cède devant une force supérieure à ma volonté, c'est tout différent.
HORTENSE
Quelle force?
La santé de ma femme, parbleu!... Oui, chère amie, il a bien fallu, Clotilde dépérissait à vue
d'œil... (Clotilde hausse les épaules.) Elle passait Ses
journées étendue sur une chaise longue, à pousser des soupirs. Elle refusait de voir son médecin. Il est vrai que c'était un médecin de province... Nous partions donc pour Paris le soir même. Savez-vous combien de voyages nous avons faits à Paris, depuis votre départ, depuis moins de deux mois? Onze... C'est-à-dire ce que je comptais en effectuer dans ma vie entière. Je dois ajouter qu'une fois à Paris la santé de Clotilde redevenait
vite florissante. Nous allions au théâtre, puis souper, et nous nous couchions à quatre heures du matin, si Ton peut appeler ça se coucher. Quelques semaines de ce régime m'ont mis dans l'état où vous me voyez.
IIORTKNSE.
Vous êtes superhe.
LA HERCIIE.
Je suis flapi.
CLOTILDE
Il ne s'est jamais mieux porté.
LA HERCHE.
Vous comprenez qu'entre ma santé et celle de ma femme je n'ai pas hésité, et voilà pourquoi, comme je vous le disais tout à l'heure, j'ai cédé à une force supérieure à...
CLOTILDE
Ne te répète pas.
HORTENSE
Vous êtes un bon mari, voilà ce que ça prouve.
CLOTILDE
Et il sera un mari meilleur encore quand il fera de bonne grâce tout ce qu'il fait aujourd'hui avec une mauvaise humeur non dissimulée et une ironie un peu vulgaire...
LA HERCHE.
Je sens que je deviendrai un jour très parisien ! Oh ! j'ai encore bien des tares. Par exemple, j'accompagne ma femme dans les magasins, au lieu de l'y laisser aller toute seule... ou avec des