ACTE II, SCÈNE II
les femmes des métiers où Ton s'enrichit encore plus vite.
CLOTILDE
Je pense! Et vous avez eu un vrai mérite, ma chère. Je le disais en venant. Vous avez montré un vrai courage et il est de notre devoir de vous aider de toutes nos forces.
HORTENSE
Merci, Clotilde.
CLOTILDE
Car enfin, vous pouviez ne pas réussir... Et alors, où alliez-vous ?
LA HERCHE.
D'ailleurs, si vous aviez des regrets, il serait trop tard, puisque Tinois... Vous avez appris ce qui arrive à Tinois, je suppose?
HORTENSE
Mais non, je ne savais pas... Il est mort? Oh ! ce pauvre baron, ça me fait beaucoup de peine.
LA HERCHE.
Non, non, il n'est pas mort. Il se marie.
HORTENSE, stupéfuile.
Vous dites?
Oui, ma chère, il se marie. C'est d'un comique!
LA HERCHE.
Ça n'a rien de comique.
CLOTILDE
C'est triste, alors.
HORTENSE
Racontez-moi donc?... Qui épouse-t-il?
LA IIEHCHE.
Sa gouvernante.
HORTENSE
Cette grande femme noire, sèche, affreuse ?
LA HERCIIE.
Elle-même. C'est un homme qui ne peut pas vivre seul.
HORTENSE
Pas possible ! Mais il y a au moins trente ans qu'il l'a épousée !
LA HERCHE.
On le dit.
CLOTILDE
C'est un mariage scandaleux. Et je suis doublement heureuse de ne plus habiter une ville où il se passe des choses pareilles.
HORTENSE, gaienient.
Eh bien! je l'ai échappé belle!
LA HERCIIE.
Vous ?
HORTENSE
(lui, moi. Car saVez-vous ce qui me serait arrivé, à moi, si j'avais épousé le baron de Tinois? 11 m'aurait trompée avec sa gouvernante.
CLOTILDE, (jui a remis son chapeau.
Probablement. Et Adolphe vous doit des excuses pour vous avoir autrefois conseillé ce mariage.