ACTE II, SCÈNE IV
quoique Robert, lui, ait été parfait?... Mais les autres ?... Si l'on m'y reçoit encore assez bien, — il est vrai que je n'abuse pas de la permission...
ADRIEXXE.
Assez bien? On t'y reçoit parfaitement bien.
HORTEXSE.
Je m'entends... C'est que l'on me croit dans une situation brillante. Et alors, me vois-tu allant avouer la vérité, la pénible vérité, obligée de dire que nos affaires ne vont pas... Non, non, vois-tu La Herche ?
ADRIENNE
Comment le saurait-il?
HOHTENSE.
Par Amélie, la femme de Robert, qui le saurait par son mari... Est-ce qu'on cache ces choses-là à sa femme? Et alors, moi, je serais bien arrangée... Non, non, ne faisons pas intervenir la famille !
ADRIENNE
Ne te fâche pas, ne te fâche pas ! Gomme tu es nerveuse !... Tu ne veux pas, n'en parlons plus... Les raisons que tu me donnes ne m'ont pas convaincue, mais tu me pries de ne pas insister, je n'insiste pas.
HORTEXSE.
Les raisons que je te donne ne t'ont pas convaincue ?
Non.
HORTEXSE.
Alors, tu me crois une arrière-pensée?
ADRIENNE
Peut-être...
HORTENSE
Explique-toi mieux... En voilà des insinuations!... Ah çà ! vas-tu me faire une scène de jalousie, par hasard?
ADRIENNE
Oh ! non, rassure-toi... J'ai été horriblement jalouse de toi au début, je ne m'en cache pas... mais c'est fini...
HORTENSE
Tu as été jalouse de moi ?
ADRIENNE
Dès le premier jour... Il ne parlait qu'à toi, il te regardait avec des yeux souriants et tendres. J'étais persuadée qu'il te faisait la cour.
HORTENSE
Lui, faire la cour à une femme!... Je cite tes propres paroles...
Je disais ça, je disais ça... parce qu'il ne me la faisait pas. à moi!... Mais toi, ce n'est pas la même chose, je m'en rends compte. Tu es jolie, tu es séduisante. Il te revoyait dans des conditions spéciales, avec un petit air de persécution qui te rendait touchante, surtout pour un caractère comme le sien.
HORTENSE
Enfin, tu n'étais pas rassurée?
ADRIENNE
Je l'avoue.
HORTENSE
Et maintenant?