ACTE II, SCÈNE IV
ADRIENNE
Maintenant, il me semble que le danger est passé. Je me trompe peut-être, mais j'ai réfléchi. Au fond, vois-tu, c'est un homme sans cœur.
HORTENSE, en riant.
Lui ! sans cœur !
ADRIEXNE.
Oui, en ce sens que l'idée ne lui vient même pas qu'on pourrait l'aimer... Va, ma chère, on en est avec lui pour ses frais d'imagination. Il nous traite avec douceur, comme des petites bêtes gentilles, mais en réalité il nous dédaigne. Et je finis par croire que c'est pour ce dédain que nous l'aimons, et non pour sa bonté.
Que nous l'aimons!... Parle pour toi... Moi, je ne tiens pas du tout à être traitée comme une petite bête gentille.
ADRIENNE
Jure-moi que tu ne t'es pas emballée sur lui?
HORTENSE
Ah ! tu m'agaces, à la fin ! Je te prie de t'arrêter. Tu t'imagines que toutes les femmes sont amoureuses de Robert ! C'est une manie, je t'assure. Il faut soigner ça...
(Fanny regarde par la porte ouvrant sur l'escalier.) FANNYj
Oui, monsieur, ces dames sont là.
Entre Robert. )