ACTE II, SCÈNE VI W.'t
HORTEXSE.
Mais non, mais non...
ROBERT
Voici l'objet de ma visite. J'ai trouvé chez moi, tout à l'heure, une lettre de madame Broquet, Céleste Broquet, modiste... C'est bien votre associée?
HORTEXSE.
En effet...
Cette dame est allée visiter un entresol boulevard Malesherbes...
HORTEXSE.
Ah ! oui, elle m'a raconté...
ROBERT
Vous comprenez que je serai enchanté de vous avoir comme locataires, toutes les deux. D'ailleurs, cet entresol n'était jamais loué, c'est un véritable service que vous me rendez.
HORTEXSE, souri;u,l.
Oh ! mon cousin...
ROBERT
Si, si, je vous assure... Et puis, vous vous agrandissez, qa me fait plaisir. Les affaires vont donc bien?
HORTEXSE.
Assez bien, Robert, je vous remercie.
ROBERT
Vous êtes contente?
HORTEXSE.
Fort contente.
ROBERT
Voilà qui est parfait. Vous allez me faire faire la connaissance de ma nouvelle locataire...
Elle est à l'atelier.
ROBERT, désignant /.■< droite.
C'est là, l'atelier?
HORTENSE
Non, c'est de ce côte'. Là, c'est notre appartement, à Céleste et à moi.
ROBERT
Vous demeurez ensemble?
HORTENSE
C'est-à-dire que nous avons deux logements contigus, car Céleste est mariée, comme vous savez, ou comme vous ne savez pas.
ROBERT
J'avoue que je l'ignorais. Qui est ce mari?
HORTENSE
Un monsieur qui cherche une place et qui n'arrive pas à en trouver une depuis que sa femme gagne sa vie. Céleste est très méritante, je vous assure.
ROBERT
J'aime infiniment ces créatures-là, courageuses, vivantes. Vous aussi, cousine, vous en êtes une. C'est ce qui me donne une si vive sympathie pour vous.
HORTENSE
Merci, Robert.