SCENE VIII ROBERT, HORTENSE
HORTEXSE. lui tendant les mains en souriant.
11 faut que je vous remercie, en effet, Robert. Vous nous rendez un grand service.
(Elle s'avance pour l'embrasser. j ROBERT.
Vous m'embrasserez tout à l'heure... Mais, pour l'instant, je suis furieux. Comment ! vous vous trouvez dans une situation pareille, vous avez besoin d'argent, et l'idée ne vous vient pas immédiatement de vous adresser à moi?... Mais pourquoi cette défiance? pourquoi? .. Je vous ai donc mal reçue?
HORTEXSE.
Oh ! Robert... Vous m'avez reçue, au contraire,
LES PASSAGERES
avec une cordialité, une bonté... Je ne l'oublie pas.
ROBERT
Il n'est pas question de ça. Il s'agit de confiance, de sympathie. Je suis votre plus proche parent, ce qui n'est pas grand'chose, mais je suis aussi votre camarade et votre ami, ce qui est mieux. Et, si je n'ai pas connu moi-même les difficultés de la vie, que voulez-vous? on n'est pas parfait, — je les ai vues souvent auprès de moi, avec leurs complications et leurs angoisses, et leur spectacle m'a toujours ému. Alors, on peut tout m'avouer, à moi. On peut me confier ses ennuis et ses secrets. Je garde très bien les secrets, vous savez, cousine...
1IOHTEXSE.
Oh! je n'ai pas de secrets, je vous assure.
ROBERT
Et des ennuis?
HORTENSE
Oui n'en a pas? Mais ils ne sont pas graves.
ROBERT
Pas graves?... Vous voulez continuer le système des cachotteries avec moi?... Il est trop tard. Si vous croyez que je ne devine pas où vous en êtes. . . C'est comme votre bague, tenez... Osez me dire que vous ne l'avez pas mise au clou, votre bague?
IIOHTKXSE. fiant.
D'abord, quel mal y aurait-il?
ROBERT
C'est vrai, n'est-ce pas?... Allons, avouez-le?...