‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 267 sur 269 · ROBERT, AMÉLIE · texte numérisé non relu

ROBERT, AMÉLIE

ROBERT, se retournant virement.

Amélie ! ma bonne Amélie ! Je vais t'expliquer, je vais t'expliquer... Ecoute-moi... assieds-toi et écoute-moi...

AMÉLIE

Non, mon ami, non! Ne me dis rien, ce n'est pas la peine, j'ai compris... Ce serait trop commode, chaque fois que tu prendrais une maîtresse, de me faire asseoir bien tranquillement et de me raconter que tu as été entraîné par la fatalité... Et qui as-tu pris cette fois-ci?... Quand je pense que depuis un an peut-être, tu me trompais chez

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moi, sous mon toit, à mes côtés ! Et tu supposes que je puis accepter cela?. . . Oh ! Robert, voyons ! . . .

ROBERT, assis, Amélie debout.

Ma chérie, je...

AMELIE, l'interrompant.

Non, non, je te vois venir. . . Tu veux me raconter quelle s'est jetée à ton cou, comme Hortense, et que toi, par bonté d'âme, tu as consenti à devenir son amant... Mais à ce compte-là, toutes les femmes seraient heureuses autour de toi, excepté la tienne ! Et dans ta vie, tu n'aurais fait qu'une victime, moi!... Avoue que ce n'est pas juste, tout de même?

ROBERT

Ma chérie...

AMÉLIE

Oh! je vois bien la vérité!... je la vois enfin... Tu as assez de ta femme, tu as assez de ton ménage. La vie de famille t'est devenue odieuse... Hélas ! je le sens tellement que je n'ai pas hésité à venir ici, te surprendre et te dire : « Robert, séparons-nous, veux-tu?... Laisse-moi partir... »

ROBERT, assis,

Tais-toj, Amélie, tais-toi... Oh ! je suis triste... Je suis affreusement triste... car j'aurais beau te dire la vérité, je ne te convaincrais pas. Et je m'aperçois aussi que moi, qui me croyais plutôt bon, sensible, humain, je ne fais que du mal à ceux qui m'entourent...

AMÉLIE

Ce n'est pas à Hortense, je suppose?

ROBERT, se levant et aree force.

Mais si ! car le pire égoïste ne se serait pas

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