ACTE II, SCÈNE II
ALINE, n'éloignant.
Au revoir, alors.
SERQUY.
Je dis que je commence à comprendre certaines plaisanteries...
ALINE
De qui?
SERQUY.
De tout le monde.
ALINE
A quel propos?...
A propos de vous et de... Clénord.
ALINE
Qu'est-ce que vous me chantez-là?
SERQUY.
Vous êtes amoureuse de Clénord.
ALINE
Oh! que vous êtes bête! Mais, mon pauvre ami, si j'étais amoureuse de Clénord, je n'aurais que le petit doigt à lever et il m'épouserait tant que je voudrais. C'est inouï comme vous connaissez peu les femmes !
SERQUY.
Elles sont si hypocrites !
ALINE
Non. Chaque fois que vous ne comprenez pas la conduite d'une femme, vous dites qu'elle est hypocrite. Ce n'est pas elle qui est hypocrite, c'est vous qui manquez de lucidité. Quant à Clénord, — et j'ajoute cela pour vous enlever toute
préoccupation, — je l'ai arrêté autrefois qu'il se disposait à me faire la cour, par quelques-uns de ces mots dont les hommes à femmes comprennent seuls l'importance. Ne soyez pas jaloux. A cette époque, d'ailleurs, vous étiez avec une demoiselle dont j'ai oublié le nom...
Entre Clénord.)
ALINE, se retournant
Ah ! c'est le héros...