L.U'IîE
Et ce serait pour demain le départ?
HÉLÈNE
Demain, en tout cas, jamais!...
LAURE, souriant.
Oh! oh! de la révolte !...
^HÉLÈNE
Peut-être.
LAURE
Vous reviendrez l'année prochaine...
HÉLÈNE
L'année prochaine!... Tenez, je ne sais pas où je serai, l'année prochaine !
LAURE, s' approchant.
Voyons, chère amie, qu'y a-t-il? Vous voilà bien extraordinairement nerveuse pour bien peu de chose, en somme!...
IIÈLÉNE, se remettant:
En effet... oui... c'est peu de chose... ce n'est rien... Croyez bien, chère madame, que je n'oublierai pas nos bonnes et rapides relations...
LAURE, la regardant.
Elles avaient débuté par un bel accès de confiance de votre part»
HÉLÈNE
Oui...
LATJRE.
Confiance que je ne dois plus mériter, car, en ce moment...
HÉLÈNE
En ce moment?...
LAURE
Vous ne me la prodiguez pas... Oh! mais pas du tout...
HÉLÈNE
Je vous affirme...
LAURE
Voyons, écoutez-moi... Nous sommes de bonnes bourgeoises toutes les deux, et il y a des choses que nous pouvons nous dire sans façon... Malgré la différence d'âge, nous avons des tas d'idées et d'habitudes communes. En outre, dès vos premières paroles, j'ai éprouvé pour vous une sympathie qui se transformerait volontiers en une affection véritable si vous vouliez vous en donner la peine. Je crois aussi que vous avez du penchant pour moi... Alors, il n'y a aucune raison de ne pas vous dire ce que j'ai dans la tête.
En le faisant, vous me prouverez votre amitié.
LACHE, souriant.
Je peux?...
HÉLÈNE
Vous le pouvez.
LAURE
Eh bien! ma chère amie, partez... et partez le plus tôt possible...
HÉLÈNE
Parce que?...
LAURE
Parce que ça vaudra mieux...