ACTE il. sci:.\i: xvn
MONSIEUR BRIANT. haussant les épaules.
Il y a un train à huit heures cinquante. Il nous reste tout l'après-midi pour faire les malles. Je comptais ne partir que demain matin, je partirai aujourd'hui.
HELENE, avec intention.
Quant à nous, mon père, cette histoire retardera forcément notre départ de quelques heures.
LUCIEN
Mais nous partirons tous en môme temps!
MONSIEUR BRIANT, continuant sur le même ton.
Que vous partiez ou non, j'arriverai à Besançon demain soir et je vous y attendrai. Encore un mot, Lucien, et le dernier. Au cas où vous persisteriez, l'un ou l'autre, à mettre à exécution le petit projet facétieux que vous venez d'ébaucher devant moi, je vous prie simplement de m'envoyer une dépêche afin que j'aie le temps de quitter la maison!... Elle est à vous, je le sais, et non à moi !...
LUCIEN
Oh! mon père, mon père!...
MONSIEUR BRIANT
Il serait très facile de rompre notre association et tu prendrais tout seul la direction des affaires. Quant à moi, vous ne me reverriez jamais.
LUCIEN, au désespoir.
Oh! oh! Gomment pouvez-vous supposer... une seconde... une seconde?...
HÉLÈNE
Mais, mon père, il me semble que la question vaut au moins la peine que nous l'examinions
ensemble... sans nous fâcher les uns contre les autres...
MONSIEUR BRIANT
Je n'admets aucune discussion là-dessus. Je suis trop âgé aujourd'hui pour examiner les règles de conduite et les idées qui ont dirigé ma vie tout entière. Si elles sont mauvaises, il est trop tard pour en changer; et si elles sont bonnes, comme je le crois, il m'est impossible, ma chère Hélène, de vous faire un pareil sacrifice. Tenezvous le pour dit.
(Il sort.