SCENE VI JOUNEL seul, puis CLOTILDE
JOUNET, seul.
Quelle énergie!... Il arrivera, ce garçon !
(Entre Clotilde.)
CLOTILDE
Eh bien ! c'est fini, vos courbettes devant la presse!... Je viens de le parcourir, ce fameux article! C'est la médiocrité même. Heureusement qu'on ne lit pas ces choses-là, à Paris !...
Voyons, Clotilde, voyons, sois gentille... Tu ne peux pas t'imaginer le chagrin que tu me fais... Je sens que si je t'avais avec moi dans cette alï'aire-là, si tu voulais te donner la moindre peine, je passerais au premier tour.
CLOTILDE
Mais combien faut-il vous le répéter de fois!... Je ne tiens pas du tout à ce que vous deveniez sénateur !...
j< »UNEL.
Pourquoi ? Pourquoi ?
CLOTILDE
Parce que des gens de notre situation ne se mêlent pas de politique!... Ça ne se fait plus... c'est passé de mode, c'est ridicule!... Femme d'un sénateur ! mais je vous certifie que j'en serais navrée ! Ça me vieillirait de dix ans. Je ne tiens pas du tout à ce que vous soyez sénateur à mon âge !
JOUNEL.
Ma chère, vous envisagez les fonctions publiques à un point de vue singulièrement étroit. Enfin ! cela ne m'empêchera pas d'être nommé, espérons-le.
CLOTILDE, riant.
Je ne vous le conseille pas.
De quoi riez-vous?
CLOTILDE
Vous le savez bien.
JOUNEL.
J'aime à croire que vous ne faites pas allusion à l'histoire que vous avez eu le cynisme de me raconter.
CLOTILDE
C'est que j'y fais allusion, précisément.
JOUNEL.
Alors, ce serait vrai?... Vous auriez promis à monsieur de Bernay, qui vous fait depuis six