ACTE I, SCÈNE V
JOUNEL.
Evidemment.
VALENTIN
Si ce n'est pas le gouvernement, ça peut être vos opinions...
Evidemment... (A part.) 11 est très intelligent. (Haut.) Il va donc falloir me remuer beaucoup, écrire des lettres, recevoir. J'ai besoin, à côté de moi, d'un homme dévoué, intelligent, qui me servirait de secrétaire. Voulez-vous être cet homme? Voulez-vous être mon secrétaire?
(Valentin se lève avec agitation.) VALENTIN.
Moi, monsieur?
JOUNEL.
Vous êtes jeune, vous devez avoir de l'ambition ? Il est impossible qu'un garçon comme vous ne songe pas à venir tôt ou tard à Paris, et à y faire son chemin.
VALENTIN
C'est mon rêve !
JOUNEL.
Enfin! Examinez ma proposition, vous n'êtes pas obligé de me répondre tout de suite...
VALENTIN
C'est tout examiné. J'accepte!...
JOUNEL.
Eh bien ! Vous avez raison.
VALENTIN
Quand avez- vous besoin de moi ?
JOUNEL.
Le plus tôt possible.
VALENTIN
Je vais envoyer ma démission à l'instant même.
JOUNEL.
Très bien ! Très bien ! Vous avez de la décision. J'aime ça.
VALENTIN
Et nous partirons pour Paris?
JOUNEL.
Moi, je suis obligé de partir demain. Vous me rejoindrez dès que vous aurez terminé vos préparatifs...
VALENTIN
Ils ne seront pas longs. Une valise... une simple valise...
JOUNEL.
Je dois vous dire, pour Votre gouverne, que ma femme ne voit pas d'un bon œil mes ambitions politiques. Dans les premiers temps, elle vous fera peut-être froide mine, mais elle s'habituera à votre compagnie. D'ailleurs, je vais vous présenter à elle; je lui ai donné rendez-vous
L'HUISSIER, entrant.
Monsieur le sous-préfet fait demander monsieur le bibliothécaire dans son cabinet.
Ah ! vous, fichez-moi la paix, vous voyez bien que nous causons.
L'HUISSIER
Et il n'est pas content, monsieur le sous-préfet.
VALENTIN
Ah ! Voilà qui n'a aucune espèce d'importance.