SCÈNE III Les Mêmes, MADAME GRANGER, puis DESCLOS
MADAME GB \NGER.
Eh bien! qu'avez-vous décidé?
GE< IRGES.
Je ne tiens pas à me marier. C'est très sérieux, je t'assure.
MADAME GRANGER
Si mademoiselle Claire te déplaît, je t'en chercherai une autre.
Lue autre me déplairait tout autant.
MADAME GRANGER
Voilà qui est insensé ! . . . Comment, à ton âge ?. . .
GEORGES
On ne se marie pas parce qu'on a 1 âge. Tu confonds avec le service militaire... Et je ne vois aucune raison de me marier en ce momentci !
MADAME GRANGER
Mais il v en a cent, de raisons ! Il y en a
raille, dont la première et la plus importante est que ta position l'exige absolument.
DESCL( 'S. qui est entré depuis un instant.
Georges agit comme il lui plaît, et il a parfaitement raison. A Georges. Cependant, mon ami, puisque nous voici tous les trois ensemble, je tiens à te dire une chose ou plutôt à te la rappeler : nos ressources sont devenues, par un concours de circonstances qu'il serait puéril de te raconter pour la vingtième fois, très exiguës.
MADAME GRANGER
Pourquoi ce discours? Georges...
DESCLOS, l'interrompant.
Pour ma part, à moi, je ne possède plus qu'une petite ferme qui est hypothéquée aux deux tiers de sa valeur, et dont les revenus diminuent tous les ans, ainsi qu'il convient, quand on a des revenus. A ma mort...
MADAME GRANGER
Voilà que tu parles de ta mort, maintenant !
DESGLOS.
Pourquoi n'en parlerai-je pas? Rien n'est plus naturel... Uu'est-ce que la mort? Une simple formalité.
GEORGES, à part.
Dieu, que c'est agaçant !
DESCLOS
A ma mort donc, Georges se trouvera en présence d'une dette égale, à peu près, à la valeur de l'héritage. Il ne faut donc pas qu'il compte...
GEORGES
La situation est beaucoup plus simple, heureu-