G] I >I!GES
Mon cher, l'idée d'épouser la première fille venue, pour des raisons de clientèle et comme on change d'appartement, me révolte !
BOLARD.
Tout cela n'est pas gai.
GEORGES
Je t'en réponds.
BOLARD.
Tu n'as jamais songé à aller à Paris?
GEORGES
Si, j'y ai songé autrefois; mais en allant exercer la médecine à Paris, aujourd'hui, dans les conditions où je me trouve, je ne gagnerais pas mon dîner seulement une fois par semaine.
Ça, c'est vrai.
GEORGES
Aussi, je ne te cache pas que j'envisage l'avenir avec un certain dégoût.
BOLARD.
Ma parole, tu me fais de la peine. Si je peux t'être utile à quelque chose, compte sur moi.
GEORGES
Merci!
BOLARD.
Tu es le seul de mes camarades d'école pour qui j'aie conservé de l'affection, et je serais très heureux de te rendre service. Réfléchissant.) Qu'estce que tu gagnes, ici?
Georges:
Ah! ah! n'en parlons pas!... Autant dire rien.
BOLARD.
Je vais te faire une proposition... Au premier abord, elle a l'air un peu folle, mais réfléchis bien... J'ai besoin d'un secrétaire... Veux-tu l'être?... Je t'offre trois cents francs par mois, pour commencer. Tu gagneras le double dans un an. C'est exactement la proposition que Brassac m'a faite un jour... J'ai tout lâché et je ne m'en repens pas. C'est pile ou face, mais il y a des moments où il faut jouer d'un coup tout ce qu'on a.
GEORGES, se levant.
Je ne dis pas non.