‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 117 sur 261 · ACTE II, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIII

BOLARD.

Eh ! c'est très grave, je le sais. Tu consulterais un homme comme Pagelet, il te dirait que c'est une bêtise, une folie ! Mais j'ai remarqué qu'il y a des gens qui trouvent le moyen d'être heureux toute leur vie rien qu'en faisant des bêtises avec décision.

GEORGES

Ecoute, je suis assez tenté parce que tu m'offres. Mais je ne peux pas te donner une réponse immédiatement; ça dépendra... D'abord, il me faudrait de l'argent pour les premiers frais !

BOLARD.

Tu as des amis ici, que diable !... Tiens! je suis sûr que Hélion, par exemple ne demanderait pas mieux que de t'avancer le nécessaire...

GEORGES

Probablement.

BOLARD.

Veux-tu que je lui en touche deux mots ?

GEORGES

Je veux bien.

BOLARD.

Eh ! morbleu ! tu auras ton heure de chance, plus tôt peut-être que tu ne crois. Paris est une ville de hasard : tout y prend la forme du jeu. Seulement, je vais te donner un conseil : ne t'embarrasse de femme sous aucun prétexte. Figuretoi que tu vas jouer. Or, au jeu, il ne faut pas de femmes : elles interrompent la veine... Je te dis ça, mon vieux, parce qu'il me semble depuis quelques jours que tu as la mine et les gestes saccadés d'un homme dont les amours sont contrariées.

GEORGES

Je t'assure que tu te trompes.

BOLARD.

Tant mieux !

Parait Ho se.

GEORGES, l'apercevant.

Ah !

BOLARD.

Bon ! je te laisse... ne te dérange pas... (Bm. C'est une cliente?... Elle est gentille, et puis elle n'a pas l'air malade.

(Il son.

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