‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 123 sur 261 · RI (SE · texte numérisé non relu

RI (SE

Je t'assure... il y a même des moments où je m'amuse beaucoup. Ce matin, je suis allée chez monsieur Morisset, le percepteur... 11 a essayé de me prendre la taille...

LOUISON, indignée.

Ce singe !

ROSE

Heureusement, sa femme est entrée...

LOUISON

Et qu'est-ce qu'elle a dit?

ROSE

Elle m'a rabattu dix sous sur mon ouvrage.

L< IUISON.

Ah ! ah ! Ici, par exemple, on est assez généreux.

rose; Oui, elle n'est pas trop mesquine.

LOUISON, après un instant de silence.

Et alors, comme ça, Rose, vous allez rester une ouvrière toute votre vie.

ROSE

C'est probable.

LOUIS! IN

Non.

rosi;.

Qu'y aurait-il d'extraordinaire?

LOUISON

Vous n'êtes pas née pour être une ouvrière ; votre père était un bourgeois, et quand on n'est pas née pour être une ouvrière, on ne devient pas une vraie ouvrière. Vous n'avez pas le caractère qu'il

faut.

rosi;.

Tu te trompes justement. Il me semble que je n'ai jamais été plus libre ni plus riche. Je ne me rappelle pas une époque de ma vie où j'ai eu moins d'inquiétudes. Je n'ai jamais vu aussi clair devant moi... Qu'est-ce qui nous manque?

LOUISON

Oh! à moi, il ne me manque pas grand'chose, mais c'est à vous...

rosi;.

Je suis très satisfaite de l'état où je suis. J'ai bien entendu quelquefois chuchoter sur mon passage ; nous avons bien quelques voisins qui nous regardent de travers...

Y en a-t-il, des imbéciles !

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