ACTE III, SCENE I
l;i isi:
Mais toutes ces petites tracasseries me sont bien indifférentes.
LOUIS< »N, secouant la tête.
Je crois, ma pauvre Rose, que vous vous faites beaucoup d'illusions sur les gens d'ici.
rosi:.
En quoi?
LOUISON
Allez, vous ne vous habituerez pas facilement à travailler pour les autres.
ROSE
Est-ce qu'on ne travaille pas toujours pour quelqu'un ?
LOUISON
Je veux dire à être à la merci de tout le monde.
rosi:
Mais je ne suis à la merci de personne et rien ne peut me forcera faire ce que je neveux pas.
Vous ne savez pas ce que c'est que d'être ouvrière!... Ah! vous êtes courageuse, vous avez de la tête et de la volonté... Mais jamais, — entendez-vous? — jamais on ne verra une femme toute seule se suffire par son travail. Le monde n'est pas arrangé pour ça.
ROSE
Toi, pourtant, tu t'es trouvée dans une situation plus grave que la mienne, puisqu'il t'a fallu, à. treize ans, gagner ton pain.
LOUISON
Regardez-vous, Rose, et puis, regardez-moi... A
•jus
treize ans, j'étais domestique et je portais sur les épaules, pour aller laver à la rivière, des paquets de linge que vous ne soulèveriez même pas. Aucun ouvrage ne me rebute, moi ! C'est bien simple... Je ne peux pas dormir la nuit, quand je ne suis pas éreintée. Mais vous! Et puis tout ça ne m'empêche pas de vous aider... Moi, d'abord, plus je suis dégoûtée, plus je travaille!