ACTE III, SCÈNE III
vice et je serais désolé que vous ne vous adressiez pas à moi, si jamais vous aviez besoin de quoi que ce fût.
R( »SE, froidement.
Je n'ai besoin de rien... Je ne vous en garde pas moins de la gratitude.
HÉLION
Tenez, plus je rétléchis à votre situation, plus je suis convaincu que la conduite révoltante de ce coquin à votre égard, est, au fond, un événement très heureux pour vous. Il ne vous méritait pas. Il y a ainsi, dans l'union de certains hommes et de certaines femmes, de véritables outrages au bon sens; mais un jour ou l'autre, le hasard se charge de mettre tin à ces scandales. Perrin s'est fait justice lui-même, il est retourné à son étable. Ne parlons plus de cette brute!... Vous voyez que je suis très franc. Parlons de vous... et ici, je vais vous montrer la môme franchise. Eh bien! vous n'êtes pas plus faite pour être ouvrière, allant travailler de maison en maison, sujette aux caprices de tout le monde, que vous n'étiez faite pour épouser Perrin!
ROSI
Je ne comprends pas du tout.
HÉLIl »x.
Vous devez mener une existence autrement intéressante, autrement brillante que celle-là...
Avec une autorité sympathique. A votre place, je ne
resterais pas dans cette ville, où il ne vous arrivera que des désagréments.
U< >SE, le regardant.
Et j'irais ?
HÉLIOX, aprèx une hésitation.
A Paris.
RI »SE, lentement.
Je crains, monsieur Hélion, que vous ne vous trompiez sur mes intentions, et peut-être même sur mon caractère.
HÉLION
Réfléchissez bien. Vous avez encore l'esprit impressionné par le brusque accident qui a dérangé votre vie; mais vous ne tarderez pas à reconnaître que je suis dans le vrai...
l:< ISE.
Ce qui veut dire ?
HÉLION
Ce qui veut dire... Baissant la voix. Qu'il m'est venu peu à peu, pour vous, une affection profonde, sincère, solide. Ça m'est comme une offense personnelle de vous voir vous débattre dans une situation absurde et qui ne fera qu'empirer. Allez à Paris, avec Louison, vous y serez aussi libre et aussi indépendante que vous le souhaiterez; votre avenir sera assuré pour toujours... S'inclinant avec courtoisie. Et je lie VOUS demanderai que la faveur de vous présenter, de temps en temps, mes hommages...
ROSE
Vous vous moquez de moi, monsieur Hélion, ce n'est pas gentil.
IIELIOX.
Me moquer!... Mais j'ai la plus grande estime pour vous, au contraire.
ROSE, riant.
Vous avez de l'estime pour moi... Seulement, vous m'offrez de l'argent pour être votre maitresse.
HÉLION
Je songe aux déboires de toutes sortes qui vous