SCÈNE IV
Les Mêmes, MADAME HÉLION.
MADAME HÉLION", jette un coup d'oeil sur son mari et sur Rose. Ah! ARosesur un ton brusque : La femme de
chambre ne vous a donc pas dit de venir me retrouver ?
ROSE
Au contraire, madame, elle m'a priée de vous attendre ici.
MADAME HÉLION
Cela m'e'tonne... N'importe!... Voici ce dont il s'agit : il nous faudrait divers ouvrages de dentelles pour une loterie de bienfaisance que nous organisons. On prétend que vous savez faire de la dentelle. Est-ce vrai?
ROSE
Oui, madame.
MADAME HÉLION
J'ai donc pensé à vous.
HOSE.
Je vous en remercie.
MADAME HÉLION
Vous vous dépêcherez, n'est-ce pas? Nous
sommes pressées.
rosi;.
Je ferai de mon mieux.
MADAME HÉLION
Vous pourrez vous faire aider par votre bonne, qui sait travailler aussi, je suppose?
ROSE
Ma bonne ?
MADAME IIKLIOX.
Cette fille qui est toujours avec vous... Au fait, où est-elle?
IIKLIOX.
Elle est sortie.
ROSE, sèchement.
Ce n'est pas ma bonne, madame, c'est ma cousine. Mes moyens ne me permettent pas d'avoir une bonne.
MADAME IIÉLION, avec ironie.
Vous le regrettez, assurément?
ROSE
Du tout, madame, vous vous trompez.
MADAME IIÉLK »N.
Croyez- vous?
ROSE
J'en suis sûre.
MADAME IIÉLION.
Enfin, ce n'est pas là la question... 11 s'agit de dentelles pour le moment ; allez trouver ces dames, elles vous donneront des explications mieux que moi. (Lui montrant une porte.) Tenez, par
ici! (Rose se dirige vers In porte, avec une légère hésitation.
— Madame iiélion continue.-; Et dorénavant, mademoiselle, tâchez d'avoir la misère un peu moins tapageuse... c'est un conseil que je vous donne, car on commence à en parler beaucoup.
IIKLIOX. intervenant.
Ma chère...
ROSE, se retournant brusquement.
Mais je ne suis pas dans la misère le moins du monde.
MADAME IIKLIOX.
Ah!