ACTE I, SCENE VIII
pas trop cher, six mille francs. Combien payestu ici?
ADOLPHE
Quinze cents.
LÉONTINE
C'est bien assez pour un homme, mais tu comprends, pour une femme... D'ailleurs, je vais en voir d'autres, je ne suis pas de'cidée.
\I>< >LPHE.
Et, en attendant, tu vas demeurer chez une de tes amies?
LÉONTINE
Oh! Juliette m'a offert son appartement pendant quelques jours. Mais j'ai refusé.
ADOLPHE
11 faut accepter. Tu seras très bien chez elle.
LÉONTINE
Tu la connais, Juliette?
ADOLPHE
Non.
LÉONTINE
Juliette Primeur, qui est avec Bernichet. Berniihet doit l'épouser, seulement en ce momentci, il ne peut pas, parce qu'il est marié.
PLANTIN
Ce sera pour plus tard.
Elle est charmante, Juliette, charmante, mais je ne veux rien lui devoir. Il me serait très désagréable de demeurer chez elle. Alors, j'ai eu une autre idée.
ADOLPHE, inquiet.
Et laquelle?
LÉONTINE
C'est de te demander l'hospitalité pendant quelques jours, jusqu'à ce que la chance me revienne.
ADOLPIIK. sursautant.
L'hospitalité'... chez moi?
LÉONTINE
Naturellement.
ADOLPHE
Ici?
LÉONTINE
Mais oui.
ADi >LPHE.
Tu voudrais venir t'installer ici?
LÉONTINE
Dame ! tu es mon mari, après tout, et tout le monde ne pourrait pas en dire autant.
Mais sapristi, non, je ne suis pas ton mari!
LÉONTINE
Enfin, tu l'as été.
ADOLPHE
Je l'ai été, c'est vrai, mais je ne le suis plus! Comprends donc que je ne le suis plus. Nous sommes divorcés par jugement du Tribunal de la Seine.
LÉONTINE
Qu'est-ce que ça fait?
ADOLPHE
Comment, ce que ça fait? Tu as des raisonnements qui m'épouvantent. Demande à l'iantin qui est député, ce que ça fait?
PLANTIN
La loi est formelle.