ACTE I. S< ÈNE \"1 1 1 "2T
LÉONTINE
Je m'en fiche pas mal de la loi.
PLANTIN
Oh!
LÉONTINE
Alors, tu me chasses?
\H ILPHE
Je ne te chasse pas!... Je te dis gentiment qu'il m'est impossible, de toute impossibilité de te garder ici! C'est une maison tranquille, je mène une vie régulière, j'ai mes habitudes. En outre, je fais des démarches au Ministère pour être nommé sous-chef. Si on apprenait une pareille histoire, ce serait un scandale, je serais flambé.
LÉONTINE
Depuis notre divorce, il a dû venir chez toi des femmes qui ne me valaient pas, mon cher.
A I >< ILPHE.
Il n'est jamais venu aucune femme, n'est-ce pas, Plantin?
PLANTIN
Je n'en ai jamais rencontré.
LÉONTINE
C'est bon, mon ami, c'est bon, je m'en irai.
Elle m s'asseoir au piano el se met à faire des grammes. ADOLPHE, bas à Plantin.
Ah! bien! il ne manquerait plus que <;a.
PLANTIN
Sois ferme !
ADOLPHE, à Léontine.
Tu me rendras cette justice, Léontine, que je me suis toujours bien conduit avec toi... mais, cette fois-ci, je ne peux pas, je te jure que je ne peux pas...
LÉONTINE, tout en jouant.
Je ne te fais aucun reproche. Tu es dans ton droit. J'irai à l'hôtel, à l'hôtel meublé. Je te demande seulement la permission de rester encore quelques minutes pour attendre les commissionnaires. Je partirai avec eux.
ADOLPHE
Quels commissionnaires? .
LÉONTINE
Ceux qui portent mes malles. Je leur avais donné ton adresse, moi. Mais, rassure-toi, ils ne monteront pas. Je vais dire à la femme de chambre de les guetter dans la rue.
PLANTIN, regardant sa montre.
Mes amis, je vous quitte... (A Adolphe. i J'ai un rendez-vous avec le ministre.
ADOLPHE
Parle-lui de mon affaire, n'est-ce pas?
PLANTIN
Je n'y vais que pour ça.
ADOLPHE
Je devrais être sous-chef depuis trois ans, au moins.
PLANTIN
Parbleu! je le sais bien.
ADOLPHE
Crois-tu que je serai nommé bientôt?
Je l'espère!
ADOLPHE
C'est mon tour, j'y ai tous les droits.