ACTE J, SCÈNE IX
BRIGNOL, baissant la voix.
Je vais vous dire une chose que je ne dirai qu'à vous, parce que je sais que vous êtes un honnête homme incapable d'une mauvaise pensée... (Le commandant lève les yeux.) J'ai besoin de quelques jours pour négocier vos fonds. Je ne supposais pas que vous les exigeriez du jour au lendemain et je les avais placés dans une affaire sûre.
LK COMMANDANT
Quelques jours !
BRIGNOL.
Une quinzaine.
LK COMMANDANT
Sapristi ! Sapristi de sapristi ! Nom d'un chien ! Cela m'ennuie beaucoup... Une affaire sûre ? Quelle affaire?
BRIGNOL.
Ne vous inquiétez donc pas, vous les aurez dans quinze jours.
LE Ci 'MMANDANT.
Je suis très inquiet, au contraire, très inquiet! Vous ne deviez pas aventurer mon argent dans n'importe quelle affaire sans m'en prévenir. C'est spécifié dans le reçu.
BRIGNOL.
Pouvais-je supposer... ?
LE C< >MMANT>ANT.
Soyons sérieux, maintenant. Mettant la main sur répauie de Brignoi.) Qu'avez-vous fait de mes trente mille francs?
BRIGNOL.
Vous les toucherez de demain en quinze, commandant. Vous ne me croyez pas un escroc ?
LE COMMANDANT
Certes !
38 i;i;k;\mi Et sa i-ili.e
BRÏGN< IL.
Eli bien ! je vous donne ma parole d'honneur pour demain en quinze. Vous avez mon reçu, il sê^a aussi bon qu'aujourd'hui.
LE COMMANDANT
Quinze jours.
BRIGNOL.
Vous êtes exquis, commandant.
// lui prend la main, l'autre se laisse faire, froidement.
LE Cl tMMANDANT.
Moi qui avais si confiance en vous ! Quand vous m'avez dit : « Vos titres sont dans le cotïïei'ort...» je croyais absolument les tenir.
BRIGNi iL.
Il n'y a rien de changé.
LE COMMANDANT
Voilà une aventure bien ennuyeuse, et je ne m'y attendais pas ! J'avais en vous une confiance absolue, Brignol.
BRIGNI »L.
J'espère, commandant...
LE COMMANDANT, à part, sans lui répondre.
Je vais aller consulter mon neveu.
Vous ne me gardez pas rancune? Le commandant ne répond pas et secoue lu lèle. Brignol fait un grand <jeste en
se parlant à lui-même. Evidemment, j'ai eu tort ! Je le sais bien...
Entre Carri ml.
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