ACTE I. SCÈNE XIX
LÉONTINB.
Je vous le promets. (A Anatole.) Et vous, monsieur, vous habitez aussi le Poitou?
ANATOLE
Le Poitou, oui, madame.
LÉONTINE, riant.
Et vous venez de temps en temps faire la fête à Paris?
ANATOLE
Moi ! Xh ! non, par exemple !
LÉONTINE
Et vous avez bien raison.
ANATOLE
C'est le baron qui fait la fête.
LÉONTINE. arec mépris.
Ah!
LE BARON
C'est-à-dire que j'ai fait la fête... jusqu'au... jour... où j'ai rencontré...
LEONTINE. l'interrompant.
J'ai horreur des gens qui ne songent qu'à s'amuser, je ne vous le cache pas.
Elle est en ce moment près du piano el s'assoit sur le tabouret.)
LE BARON, à part, à Anatole.
La conversation tombe. Je sens que la conversation va tomber. (Haut.) Vous êtes musicienne, madame, naturellement.
LÉONTINE
Un peu.
LE BARON
Vous devriez nous jouer quelque chose.
310 LES MAKIS r>K LÉONTINE
LÉONTLNE.
Le piano n'est pas accordé. 11 y a un mois que l'accordeur doit venir et qu'il ne vient pas.
LE BARON, fiant.
Les accordeurs ne viennent jamais... Ah!
an 1... Il rit bêtement, bas à Anatole pendant que Léontine
fait des gammes.) Mon ami, je deviens stupide. Je ne trouve rien à dire.
ANATOLE, bas.
Figurez-vous que vous êtes dans une réunion publique.
LE BARON, même jeu.
Invitez-la à diner. Venant de vous, ça n'aura pas l'air...
ANATOLE, même jeu.
Il faut un joint... (Réfléchissant.) Attendez, j'en ai un.
Léontine vient de terminer une gamme.) LE BARON, applaudissant.
Bravo! bravo! c'est charmant! (Bas à Anatole.)
Allez !
ANATOLE, s' avançant vers Léontine.
Madame, nous allons avoir le regret de prendre congé de vous.
LE BARON, a part.
Il appelle ça un joint !
LÉONTINE
Messieurs...
ANATOLE
Nous permettez- vous, madame, de venir vous présenter nos hommages avant notre départ?
LEONTINE, très gracieuse, lui tendant la main.
Certainement, monsieur.
ANATOLE
Mille fois aimable. Et votre amabilité même