ACTE I, SCENE XIN
m'enhardit à vous demander une faveur, une grande faveur.
LÉONTINE
Voyons ? Quelle est cette faveur ?
ANATOLE
C'est de vouloir bien dîner avec le baron et moi un de ces soirs. Nous causerons agriculture.
LE BARON
Bien, très bien.
LÉONTINE, un instant de réflexion.
Je ne dis pas non.
ANATOLE
Mais j'y pense... Pourquoi pas ce soir?
L É ONT! N E . ga iement.
Va pour ce soir !
ANATOLE, tirant sa montre.
Il va être l'heure.
LÉONTINE
Je vais mettre mon chapeau.
Elle va a la cheminée tirer le cordon de sonnette.) ANATOLE, bas nu baron.
J'ai fini par la décider.
LE BARON, même jeu.
Oui, merci !
LÉONTINE, à Virginie, qui â traversé la scène pendant ces trois répliques.
Virginie... Mon chapeau, celui que j'avais en venant. Il est dans la chambre.
YIIîOINIE.
Madame sort?
LÉONTINE
Oui, Virginie. Tenez, apportez-moi donc aussi
le grand chapeau qui est dans le carton, avec une grande plume.
VIRGINIE, allant à droit,-.
Est-ce qu'elle va mettre deux chapeaux ?
LÉONTINE, à Anatole.
Et où allons-nous dîner?
LK BARON
Où vous voudrez.
(Rentre Virginie avec les deux chapeaux, dont l'un très excentrique.
LÉONTINE, niellant devant la glace l'antre chapeau.
celui qu'elle avait en entrant.
Si on dînait aux Ambassadeurs?
C'est ça, aux Ambassadeurs.
LÉONTINE
Là, je suis prête! Prenant l'autre chapeau et h Virginie) Tenez, Virginie, voilà pour vous!
VIRGINIE
Ça!
LÉONTINE
Je vous le donne. — Messieurs, quand il vous plaira?
Mouvement de sortie de Léontine et des messieurs. LK BARON, à Anatole.
Vous voyez cette petite femme-là, n'est-ce pas? Vous la voyez?... Eh bien! elle me fera faire tout ce qu'elle voudra!... tout ce qu'elle voudra !