ACTE II, SCÈNE I
Un des rares titres authentiques de notre vieille noblesse du Poitou!... Tenez, j'aime mieux ne plus parler de ca...
HORTENSE
Je vous affirme, ma tante...
LA MARQUISE
D'ailleurs, vous avez les mêmes idées que votre cousin. Il est naturel que vous le défendiez. Qu'est-ce que la noblesse pour vous ? Qu'est-ce qu'un titre ? Des chimères n'est-ce pas ?
HORTENSE
Pas tout à l'ait... Cependant...
LA MARQUISE
Cependant, quoi ? Vous êtes née Versac, comme moi. Vous êtes la fille de mon frère. Et vous en êtes arrivée à vous appeler madame Silvain. veuve d'un monsieur Silvain, conseiller de préfecture! Et quand vous vous remarierez, ce sera avec quelque employé' des contributions ou quelque magistrat ! Car vous avez la spécialité d'épouser des fonctionnaires.
HORTENSE
Ne dirait-on pas que j'en ai épousé une douzaine !
LA MARQUISE, h la bonne <jui mitre avec des journaux.
Mademoiselle, vous direz à votre maître que je l'ai attendu une demi-heure.
LA BONNE, regardant ta pendule.
Le cours de monsieur va bientôt finir. Monsieur ne peut tarder.
LA MARQUISE
Merci. J'en ai assez. Je repasserai tout à l'heure. Venez-vous avec moi, Hortense ?
HORTENSE
Avec plaisir, ma tante.
LA BONNE
Je reconduis madame la marquise.
(Elle ouvre la porte de gauche et laisse passer la marquise. Hortense est restée un peu en arrière. La porte de droite s'ouvre, deuxième plan. Parait le baron en veston, le pantalon relevé, avec des épingles de bicyclisle. qu'il enlève pendant le courant de la scène.