ACTE I, SCÈNE XI
CARRIARD.
Vous vivrez là-bas, modestement, avec madame Brignol. Deux ou trois fois par an, j'irai vous voir avec ma femme...
Votre femme?
CARRIARD.
Décidément, vous avez quelque chose aujourd'hui .. ma femme, c'est-à-dire votre fille... Car je n'ai pas besoin de vous rappeler que tout cela est basé sur mon mariage avec votre fille, qui est un projet convenu entre nous.
BRIGNOL.
Ah ! oui... en effet...
CARRIARD.
Vous vous rappelez?...
BRIGNOL.
Parfaitement... Je n'ai pas encore eu l'occasion d'en parler, ni à ma fille, ni à ma femme ; mais, en effet, c'est un projet convenu entre nous.
CARRIARD.
Cher ami, votre fille est gaie, elle n'a aucun défaut, elle est charmante. J'ai découvert que j'avais pour elle un grand attachement... Il me serait très désagréable de ne pas l'épouser.
BRIGNOL.
Mais il reste entendu, n'est-ce pas, cher ami, que vous ne me tiendrez pas rancune au cas peu probable où ma fille refuserait?
CARRIARD.
Cela va de soi.
Elle a toujours fait ce qu'elle a voulu et je
suis incapable d'exercer sur elle la moindre autorité.
CARRIARD.
Eh ! je vous avoue que, sans fatuité, je ne m'attends pas à un refus. Votre lille est très aimable avec moi : nous causons en camarades. Je n'ai pas encore quarante ans, nos âges ne sont pas trop disproportionnés...
BRIGNOL.
Tant mieux, mon ami, tant mieux.
CARRIARD.
Quand lui parlerez-vous?
BRIGNOL.
Mais bientôt... dans quelques jours... Aujourd'hui, je vais vous présenter à mon beaufrère.
OARRIARD.
Valpierre... de Poitiers?
BRIGNOL.
Vous le connaissez?
CARRIARD.
Je connais tout le monde, moi !
Entfê là bonne aveu des cartes.
BRIGNOL, prenant tes cartes.
Encore !
CARRIARD.
Une affaire?
BRIGNOL.
Je le crois... Venez-vous, cher ami ?
(Ils sortent.)
LA BONNE
(Jue dois-je répondre ?