SCÈNE X LE BARON, LA MARQUISE
LA MARQUISE
Je vous écoute, mon neveu.
Voici, ma tante... nous faisons une pétition au ministre, afin de faire décorer M. Grimard du Mérite agricole. Puis-je vous demander de la signer? Votre nom, ma tante, serait du plus grand effet.
LA MARQUISE, an temps et très nette.
Je ne signerai certainement pas.
LE BARON
Ah!... Et... la raison, matante?
LA MARQUISE
Il ne me plaît pas, fût-ce pour une chose aussi ridicule qu'une décoration, de recommander votre ami Grimard.
LE BARON
C'est pourtant un homme de mérite.
LA MARQUISE
Je ne dis pas non.
LE BARON
Un véritable savant.
LA MARQUISE
M. Grimard est peut-être, en effet, un professeur très savant, mais c'est un homme de mœurs fort dissolues.
LE BARON", riant.
Lui!
LA MARQUISE
Et d'un rare sans gêne.
LE BAROX. toujours riant.
Vous ne vous imaginez pas à quel point y,ous vous trompez !... Grimard un homme de mauvaises mœurs!... Ali! ah!
LA MARQUISE
Je sais ce que je dis...
LE BARON
Mais, ma chère tante, personne ne connaît Grimard comme moi. C'est un garçon qui ne s'occupe que de son travail, qui vit dans ses livres et qui est d'une sagesse... exagérée, sur laquelle je le plaisante même quelquefois.
LA MARQUISE
Vous avez tort.
LE BARON
J'ai fait plusieurs voyages avec lui à Paris, et j'avais toutes les peines du monde à le faire se coucher plus tard que dix heures.
LA MARQUISE
J'ignore comment ce monsieur se conduit à Paris, et cela ne me regarde pas, mais je sais qu'à Châtellerault il se conduit comme un polisson.
LE BAROX.
Ah ! ah !... Qui a pu vous raconter de pareilles histoires, ma tante ?
On n'a pas eu besoin de me raconter... j'ai vu.
LE BARON
Vous avez vu Grimard se conduire comme un polisson?