‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 242 sur 261 · SCENE V LE BARON, HORTENSE · texte numérisé non relu

SCENE V LE BARON, HORTENSE

LE BARON

Quel gentil garçon, ce Vincent ? N'est-ce pas ?

HORTENSE

Il est fort aimable. Où l'as-tu connu?

LE BARON, fronçant les sourcils.

Par hasard, tout à fait par hasard. Et il m'a été tout de suite très sympathique.

HORTENSE

Il paraît avoir un caractère excellent, si j'en juge par le petit bout de conversation que nous avons eue ensemble.

LE BARON

Quand cela?

HORTENSE

Quand je suis allée chez lui le remercier; c'est, d'ailleurs, un homme très bien élevé.

LE BARON

Parfaitement élevé, et même instruit... Dismoi, Hortense?

388 LES MARIS DE l.KONTINE

HORTENSE

Quoi, mon ami?

LE BARON

J'ai eu une idée, je ne veux pas te la cacher.

HORTENSE

Quelle est cette idée?

Tu es jeune, tu es jolie, tu es veuve, tu os libre... Eh bien?

HORTENSE

Quoi?

LE BARON

Tu ne devines pas?

HORTENSE

Non.

LE BARON

Dubois... Hein?

HORTENSE

Monsieur Dubois?...

(Elle se met à rire, i

LE BARON

Qu'est-ce que tu as? Je ne vois pas ce que mon idée a de si ridicule.

HORTENSE

Ce n'est pas cela, mais je ne puis m'empêcher de rire en pensant à la tête que ferait la marquise, ma bonne tante, si elle t'entendait parler de ce projet. Quand vous vous remarierez, me dit-elle, ce sera certainement avec quelque employé des contributions ou quelque magistrat. L'autre jour, elle m'a prédit que je finirais par épouser un cantonnier.

LE BARON

Oh! cette bonne tante. Entre nous et sincèrement ce mariage ne te déplairait pas?

Page 1