‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 38 sur 261 · ACTE II. SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE II. SCENE VI

pas être dans une meilleure position. Seulement, lorsque, d'ici un mois ou plus tôt. ta fille sera compromise d'une façon irre'médiable...

BRIGNOL.

Et comment? Par qui?

VALPIERRE

Mais par monsieur Yernot. Il me semble que cela suffit.

BRIGNOL.

Ah ça ! où prends-tu qu'une jeune fille soit compromise parce qu'il vient un jeune homme dans la maison ?

VALPIERRE

Il l'épousera peut-être?

BRIGNOL, lui touchant le bras.

Mais, mon pauvre ami. tu ne comprends donc rien? Me prends-tu pour un imbécile? Est-ce que tu supposes que j'aurais laissé Maurice s'introduire ici si je n'avais pas deviné tout de suite que c'était pour Cécile le mari rêvé, le mari par excellence, le mari qu'il nous faut ?

VALPIERRE

Tu te moques de moi, n'est-ce pas?

BRIGNOL.

Je ne trouverai jamais mieux.

VALPIERRE

Je le crois sans peine... Ah ! ah !

BRIGNOL.

Quoi?

VALPIERRE

Ah ! ah ! c'est très drôle !... Ah ! ah !

BRIGNOL.

Ce mariage est tout simplement une idée de

génie.

valpierre:

Oui, c'est une combinaison admirable ! Tu vas la terminer d'ici à la fin du mois, j'espère?... Ali ! ah!

Qu'est-ce qui te fait rire? Est-ce que Maurice n'est pas un garçon charmant ?

\ ALPIERRE, parlant toujours ironiquement.

Tout à l'ait.

BRIGNOL.

Penses-tu que j'ai agi à la légère et que je n'ai pas pris de renseignements sur lui avant de lui donner ma fille?

VALPIERRE

Tu en es incapable... Alors, vraiment, tuas pris des renseignements... Ah ! ah !

BRIGNOL.

Bonne famille, très honorable, cent mille francs de rente ?

VALPIERRE

11 n'a que cent mille francs de rente ?

BRIGNOL.

11 a peut-être davantage...

VALPIERRE

Tu es étonnant !

BRIGNOL.

Il aime Cécile, j'en ai la conviction, et, de plus, il m'est très sympathique. Je le traite déjà comme un membre de ma famille.

VALPIERRE

Ça, c'est vrai.

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