‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 46 sur 261 · ACTE II, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X

dais... 'Mont rant une chaise.) Donnez-vous la peine de vous asseoir.

Lli COMMANDANT.

Je pense, monsieur, que vous êtes en mesure. Je ne vous accorderai pas une minute de plus.

BRIGN< >L. il te met à son bureau, le commandant étant de l'autre côté. Il classe despapiers et murmure:

Euh ! euh ! euh !.. commandant Brunet, bon. Négligemment., Vous allez toujours au cercle?

le commandant.

Oui, monsieur.

BRIGNOL, tout en écrivant.

Et comment vous traite le jeu?

Très mal, monsieur. J'attends.

BRIGNOL.

Je suis à vous... Très mal? Cela ne me surprend pas, si vous employez votre système.

LK COMMANDANT, très sec.

C'est le meilleur système, monsieur. (Se levant.) Mais il n'est pas question de cela.

BRIGNOL. lui tendant un papier.

Veuillez signer. Vous allez toucher votre argent.

LE COMMANDANT

Tout de suite?

BRIGNOL.

Tout de Suite... ( Avec bonhomie.) Et si je VOUS.

parle du système de d'Alembert, mon cher commandant, croyez bien que ce n'est pas pa±* vaine curiosité. Je m'intéresse beaucoup à vous... Oui, vous m'inspirez une réelle sympathie. ( Pendant

SI) BRIGNOL ET SA KII.LE

relie tirade, il en un coffre-fort, en lire les billets et les manie. I

Si vous m'aviez laissé faire, je vous eusse peu à peu constitué une petite rente que vous auriez été bien aise de retrouver dans quelques années. Vous préférez risquer vos dernières ressources dans le hasard d'une combinaison absurde, cela vous regarde. J'ai fait mon devoir d'ami, qui était de retarder ce malheur le plus possible. Vous avez exigé votre argent, assez impérieusement du reste : le voici. J'espère que vous ne vous repentirez pas un jour de l'avoir retiré de mes mains.

LE COMMANDANT, étonné.

Brignol, je...

BRIGNOL.

Mon expérience des affaires, mon cher commandant, et l'estime que je vous porte, m'autorisaient à vous dire cela; mais c'est fini et je n'y reviendrai plus.

LE COMMANDANT

Au fond, Brignol, je sens que vous avez raison. Mais...

BRIGNOL.

Sept... huit... quatorze, quinze... (Il répète quinze. Mais, pourquoi risquer tout votre petit avoir; cela me paraît imprudent... N'aventurez que la moitié, quinze mille. Eh! eh! commandant, voilé une idée. Vous avez largement assez de quinze mille francs pour commencer et il vous en restera toujours quinze mille comme ressource suprême, bein?

LE COMMANDANT, baissant la tête.

Non. je suis décidé! Voyez-vous, avec quinze mille francs, on ne peut rien faire...

BRIGNOL.

Gomme il vous plaira. Voici les trente mille.

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