ACTE II, SCÈNE X
LE COMMANDANT, serrant les billets.
Brignol, je vais recommencer à jouer ce soir. J'ai une confiance énorme.
Bonne chance!
LE COMMANDANT
Merci, Brignol. (Il fait quelques pas et se retourne.)
Et puis, quand je n'aurai plus le sou, j'irai vivre chez mon neveu, à la campagne. Il est riche, lui... Mais, au fait, vous le connaissez, mon neveu, maintenant. On m'a dit qu'on vous avait vu au théâtre avec lui?
BRIGNi 'I.
Un charmant garçon.
LE COMMANDANT
Il ne m'en a pas parlé.
BRIGNOL. avec importance.
J'avais beaucoup connu son père.
LE COMMANDANT
Où donc?
BRIGNOL.
A Poitiers.
LE COMMANDANT, intrigué.
Mais, pardon... il me semble que le jour où je suis venu chez vous avec lui, vous ne vous étiez jamais vus?
BRIGNOL.
J'avais eu de si bonnes relations avec monsieur Vernot le père, que...
Oui, oui.
BRIGNOL.
Depuis, j'avais rencontré votre neveu çà et là, dernièrement, le hasard nous a placés au spectacle à côté l'un de l'autre.
82 BRIGNOL t! SA III II.
LE COMMANDANT, méfiant.
Je comprends, je comprends. Vous lavez vu aujourd'hui.
BRIGNOL.
Votre neveu ?
LE COMMANDANT
Allons! Brignol... je ne suis pas un enfant!... Vous avez vu mon neveu aujourd'hui... Je parie même qu'il est encore ici... Parbleu! il est ici!... Brignol, voulez-vous être assez aimable pour lui dire que j'ai besoin de lui parler immédiatement?
BRIGNOL. à part.
Au fait, quel mal y a-t-il ? Haut. Je crois, en effet, qu'il cause avec ces dames... Je vais vous le chercher, mon cher commandant.
// sort.