ACTE III, SCÈNE II
matin, à établir le compte de toutes nos dettes. Combien t'imagines-tu que nous devons?
MADAME BRIGNOL
Eh!
Dis un chiffre. ..
MADAME BRIGNOL.
Puisque...
BRIGNOL, additionnant sur un calepin tju'il sort du sa poche.
Soixante-huit mille trois cent cinquante. J'ai découvert que nous devions à peine soixante-huit mille trois cent cinquante francs. J'ai beau chercher dans ma mémoire, j'ai beau fouiller mes notes, je ne trouve pas un centime de plus.
C'est gentil.
CECILE
BRIGNl >L.
Encore, je mentionne là des dettes très anciennes, dont les titulaires ont probablement disparu et que je ne pourrais pas payer, même si je le voulais. Ainsi, avec une somme relativement faible, je désintéresserais l'ensemble de mes créanciers.
MADAME BRIGNOL.
Il ne reste qu'à la gagner.
BRIGNOL-
Je suis très content d'avoir fait ce compte, car je croyais devoir beaucoup plus... Eh bien ! je pose en principe que, dans ces conditions-là, une' situation ne peut manquer de s'arranger d'une manière ou d'une autre.
MADAME BRIGNOL,
Tu crois?
BIBLk .
100 BRIGNOL El SA FILLE
BRIGNOL, ,'i s.i femme.
Ton frère, qui a toujours mené une existence
régulière, est convaincu que je suis un homme
perdu... Prenant un papier. Tiens ! je l'oubliais...
// inscrit un chiffre. Laissons-le dire, mes enfants,
et prenons patience.
MADAME BRIGNOL.
Veux-tu me faire l'amitié de m'écouter, au lieu de te livrer à des calculs bien inutiles pour l'instant ?
BRIGNOL.
Eh! qu'y a-t-il donc?
MADAME BRIGNOL.
Il y a que je vais faire partir Cécile avec son oncle et sa tante, dès demain, à la campagne.
BRIGNOL.
A la campagne ! Pourquoi ?
MADAME BRIGNOL.
Parce qu'il ne faut plus, tu entends ? il ne faut plus que cette enfant se trouve ici avec monsieur Vernot.
BRIGNi >L.
Voyons... Ne précipitons rien... Je ne peux pas croire, non! je ne croirai jamais que monsieur Vernot, que Maurice, s'il n'avait pas l'intention de demander ta main, t'ait fait une pareille insulte!... Oh!
CÉCILE
Ah! ah!
MADAME BRIGNOL.
Aie donc le courage de t'avouer franchement les choses et de ne pas te forger des illusions, comme toujours. Il ne s'agit pas d'une affaire. Cette fois- ci, il s'agit de ta fille.