‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 67 sur 261 · ACTE III, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VII

CÉCILE

En effet. Je m'en vais demain... Ma tante veut bien me garder quelque temps avec elle...

Vous paraissez très heureuse de ce départ?

CÉCILE

Très heureuse... Au revoir, donc, monsieur...

MAURICE

Mais nous sommes donc fâchés, mademoiselle?

CÉCILE

Fâchés! Où prenez- vous que nous soyons fâchés?... Voici la belle saison... je pars. Je suppose que vous partez également. Je vous fais mes adieux, rien n'est pi us naturel...

MAURICE

D'abord, je ne pars pas.

i ÉCILE-

Cela ne fait rien... monsieur.

MAUilU:.

Voyons, mademoiselle, j'ai bien le droit, il me semble, d'être légèrement surpris de ce brusque changement de manières à mon égard. Je mérite au moins que vous me donniez une raison.

CÉCILE

Ah ! Oui, j'oubliais... Prenant des livres sur la petite

tuijie. J'ai appris hier, tout à fait par hasard, que vous aviez rendu un grand service à mon père. Mmivement de Maurice. Je ne vous en ai pas remercié encore, mais je prolite bien volontiers de cette occasion pour le l'aire..

Je ne vous demande pas cela du tout... par exemple ! J'ai rendu à monsieur Brignol ce service bien mince !...

CÉCILE

Pardon. Je vous en suis très reconnaissante.

MAURICE, riant.

11 n'y a vraiment pas de quoi... Et je n'ai pas la prétention d'avoir sauvé la vie à votre père en lui prêtant quelques... N'en parlons plus, je vous en prie...

CÉCILE

Mais pourquoi?... L'argent, pour la plupart des hommes, est une chose tellement précieuse, tellement sacrée, qu'ils peuvent se croire tout permis envers ceux à qui ils ont daigné en prêter quelques miettes... Ils peuvent même le leur réclamer d'une façon arrogante et brutale...

MAURICE

Oh!

CÉCILE

Tenez, moi, j'ai vu mon père traité comme le dernier des êtres, devant moi, par un individu à qui il doit des sommes insignitiantes !...

MAURICE

J'espère que vous ne me comparez pas?...

CÉCILE

Non, certes, je ne vous compare pas à ce monsieur Carriard... Vous êtes certainement mieux élevé. Mais il y a une chose que je n'oublierai jamais et je vous le dis, puisque vous me demandez une explication : c'est que vous avez abusé de la situation où mon père était vis-à-vis de vous pour vous conduire comme vous l'avez fait !

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