ACTE III, SCÈNE VIII il
CÉCILE, à Maurice.
A bientôt !
(Elle sort.
SC EXE VIII Le Commandant, MAURICE.
LE COMMANDANT
Partons-nous en Bretagne, oui ou non? Je suis fatigue', moi, et je m'étais assoupi dans la voiture.
MAURICE
Nous ne partons pas.
LE COMMANDANT
Bon! Alors, comme je me suis couché à cinq heures du matin, tu ne trouveras pas mauvais que j'aille faire un petit somme.
MAURICE
Mon oncle, écoutez-moi une minute, je vous en prie. Asseyez-vous... Je viens de rencontrer Cécile, ici...
LE COMMANDANT
Eh bien ?
MAURICE
Nous avons causé quelques instants et je... je l'épouse. Ce n'est pas la peine que je prenne des précautions pour vous annoncer cette nouvelle.
LE COMMANDANT
Tu l'épouses? C'est bien... Tu as l'âge de te marier et de savoir ce que tu fais.
MAURICE
Vraiment, est-ce que vous désapprouvez ?
116 B1UGN0L ET SA l- -ll.l.l :
LE COMMANDANT
Ce que je désapprouvais surtout, c'était ton irrésolution ; mais du moment que tu es décidé à quelque chose, je te félicite.
MAURICE
C'est la plus charmante iîlle que j'aie vue de ma vie.
LE COMMANDANT
Tu aurais dû me dire cela tout de suite, je serais allé me recoucher.
MAURICE
11 aurait fallu vous lever tout de même, mon oncle.
Pourquoi ?
MAURICE
Mais, pour venir faire la demande. Vous êtes mon parent le plus proche.
LE COMMANDANT
Demander moi-même à Brignol la main de sa fille? Jamais !... (Il se lève.) Tu n'obtiendras jamais cela de moi, après la conduite de Brignol à mon égard...
MAURICE, se levant.
Mon oncle...
LE COMMANDANT
Il est inutile d'insister. Jamais, te dis-je !
MAURICE
Mon oncle, vous avez été mon tuteur. Vous êtes mon seul parent ; c'est à vous d'intervenir dans cette circonstance. (Lui prenant le bras.) Vous allez donc me rendre le service d'attendre ici monsieur Brignol qui va rentrer bientôt, et vous lui demanderez la main de sa fille pour votre