ACTE I, SCÈNE VI
GEORGES
Elle ne me déplaît, ni me plaît.
PAGELET.
L'expérience démontre qu'il n'y a pas de meilleure condition pour un mariage heureux.
GEORGES
Merci bien !
PAGELET.
D'abord, un docteur doit être marié, surtout en province. Vous serez marié dans deux mois.
GEORGES
Et dire que c'est possible !
PAGELET.
C'est certain. Mon cher, il faut toujours en arriver là, ou bien se mettre à courir les aventures. Vous me chargez de vos intérêts ?
GEORGES
Eh ! que diable !
PAGELET.
Vous ne trouverez pas mieux dans toute la ville.
Attendez un peu, sapristi !
PAGELET.
Nous vous marierons, vous ne vous en apercevrez même pas. (Entre un domestique.)
LE DOMESTIQUE
C'est madame Perrin.
PAGELET. regardant sa montre.
Dites-lui que... sa belle-sonir n'est pas encore
arrivée, qu'elle veuille bien l'attendre un peu et que je suis à elle tout de suite.
MADAME GRANGER
Gomment, Rose est ici?... Je vais aller lui dire bonj oui'.
DESCLOS
Parbleu ! Dites-lui aussi bonjour de ma part... Et pourquoi ne l'inviterais-tu pas à dîner, avec son mari ?
MADAME GRANGER
Je ne demande pas mieux.
(Elle sort.
DESCLOS
Je la re verrai avec le plus grand plaisir... C'est une femme que j'ai toujours jugée très intelligente... n'est-ce pas, Hélion?
HÉLION
Il me semble.
MADAME HÉLION
Vous la connaissez donc?
HÉLION
Mais c'est la femme d'un de mes meilleurs employés, de Perrin...
DESCLOS
Un gentil garçon, mais qui a eu l'idée saugrenue de louer ses terres, au lieu de les travailler lui-même, et qui est venu s'établir à la ville, comme beaucoup de paysans le font aujourd'hui. Il eût été un cultivateur passable, il n'est qu'un mauvais employé.
HÉLION
Mais non, au contraire !
DESCLOS
Je sais ce que je dis. Pendant ce temps-là, la