SCENE IX LUCIE, ROSE
LUCIE
Si je ne vous avais point rencontrée ici, Rose, je serais allée chez vous.
rosi:.
Ah!
LUCIE
11 ne serait point mauvais que nous ayions une conversation ensemble.
rosi:.
Je vous écoute.
LUCIE, regardant fins,' et après un silence.
Ah! vous êtes bien vêtue, Rose!... Vous êtes habillée comme une dame de la ville.
ROSE, souriant.
Vous trouvez?
LUCIE
On voit que vous ne manquez de rien. Vous avez des fleurs à votre corsage.
ROSE
C'est un bouquet de fleurs des champs. En désirez-vous ?
LUCIE
Oh! nous autres, à la campagne, nous n'aimons pas beaucoup les fleurs.
ROSE
Alors, vous disiez, Lucie?
LUCIE, {[asseyant avec lenteur.
Je n'ai pas besoin de vous rappeler, Rose, que votre père gagnait quatre cents francs par an à tenir les écritures de la mairie, à Maurichard.
ROSE
En effet.
LUCIE
Il s'était ruiné à Paris. Ce n'était peut-être pas de sa faute, mais ce n'était pas de la nôtre non plus.
Certainement!
LUCIE
A sa mort, il ne vous a point laissé un sou. Vous étiez seule. Mais, comme vous aviez rendu Jean amoureux de vous, avec votre figure et vos façons, vous vous êtes mise avec lui, ce qui a fait un grand chagrin à la mère. Elle a assez pleuré,
la pauvre femme !
rosi:.
Jean lui a demandé son consentement à notre mariage, pendant un an. Elle a toujours refusé.