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SCÈNE IX MAURICE, MARIANNE

.MARIANNE, sèchement.

Quand as-tu décidé ça?

Je viens de le décider à l'instant.

MARIANNE

Pour quelles raisons?

MAURICE

Pour plusieurs... Entre autres, tiens! la première partie de mon livre va paraître bientôt. Il faut que je la revoie, que je corrige les épreuves... J'ai besoin de tranquillité.

MARIANNE

Et tu ne peux pas corriger tes épreuves à Paris?

MAURICE

Non.

MARIANNE

Voilà ta seule raison pour nous retirer à la campagne au commencement de mai, deux mois avant l'époque où nous y allons d'habitude, et quand tout le monde est encore à Paris?... Tu n'en as pas d'autres?...

a. i ) il, B< i m: !\ 23*3

M \l fRIl I

Oh! ri.

Ah ! tu as d'autres raisons?

MAURICE

< )n peut les savoir?

M HJRICE.

Je te les dirai quand nous rentrerons.

MARIANNE

Pourquoi pas tout de suite?

MAURICE

Si tu v tiens !

MARIANNE

Beaucoup.

MAURICE

D'abord, je ne veux aller chez Limeray sous aucun prétexte, et je ne veux pas non plus que tu y ailles sans moi, naturellement.

MARIANNE

Pourquoi?

MAURICE

Parce que des gens d'un certain caractère, d'une certaine situation et d'une certaine honorabilité, comme moi, par exemple, ne fréquentent pas Limeray, et surtout ne conduisent pas leur femme chez lui. Chez Limeray on conduit sa maîtresse, et encore quand on ne l'a que depuis la veille.

MARIANNE

Il a été acquitté dans des conditions assez retentissantes : il me semble que ça suffit.

MATRICE

Il a été acquitté par des jurés; il ne l'a pas été

23tf l'adversaire

par moi. Moi, je l'ai condamné à l'unanimité. Que les jurés aillent chez lui, je ne les en empêche pas. D'ailleurs, il y en aura peut-être.

MARIANNE

Madame Bréautin y sera aussi.

MAURICE

Ça regarde son mari, ou plutôt, ça ne le regarde pas.

MARIANNE

Pourquoi, alors, viens-tu chez madame Bréautin? Ce n'est pas logique.

MAURICE

En effet, mais je n'irai plus.

MARIANNE

Tu ne viendras plus chez elle? Ici?

MATRICE

Plus jamais, c'est fini.

MARIANNE

Et moi ?

Toi non plus.

Vraiment ?

MAURICE

MARIANNE

MAURICE

C'est comme ça. Nous allons rester encore quelques instants, puis nous souhaiterons le bonsoir au maître et à la maîtresse de maison, très poliment et même avec une grande cordialité, et, à partir de cette minute, ils ne nous reverront plus ni l'un ni l'autre. Madame Bréautin me débinera affreusement, ce qui me sera bien égal; et nous serons brouillés avec elle, ce qui est le rêve que je caresse depuis longtemps. Je ne regretterai que son mari qui est assez comique et à qui j'enverrai certainement ma carte toutes les

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