I I H, SCÈNE I
foie qu'il deviendra ministre. Quant a nous, noua reprendrons notre existence habituelle, qui était des plus sortables. Tu en seras quitte pour ne plus venir tous les huit jours assister à des intrigues de la dernière puérilité el perdre peu à peu ton bon sens el même quelque chose * i « * plus. Voilà.
MARIANNE, ati temps.
E1 à < 1 1 1'* I propos me dis*tu tout oela ce soir, plutol qu'hier ou avant-hier?
M Minci
.1.' te If dis ri je te l«' répète sous des formes variées depuis trois mois, « i « * |n i i s que tes relations avec madame Bréautin, qui se bornaient à deux ou trois visites par an, sont devenues de l'intimité. Tu ne veux pas comprendre : alors, je me décide a employer la violence.
M IRIANNE.
Oh! c'est grave d'employer la violence avec sa femme! Tiens! toi... ça, c'est drôle!... tu es jaloux... mais oui, lu es jaloux, dis-le donc tout de suite... jaloux! Voilà le fin mot! Et qu'est-ce qui te donne le droit d'être jaloux? Cite un fait, un mot, n'importe quoi dans toute ma vie!
MAURICE
Non, je ne suis pas jaloux, pas plus de Langlade
que d'un autre... La jalousie, c'est la peur. Or, j ai confiance en toi cl je suis sur que tu m'aimes... ne souris donc pas... Tu ne m'aimes peut-être pas en et- moment-ci, mais nous avons toute la soirée devant nous.
MARIANNE
El si je n'accepte pas «le faire une grossièreté a <li'- gens qui ont été charmants pour moi, pour mai-, qui sont de notre momie, au milieu des-
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quels je me plais! Si je ne trouve pas suffisantes les raisons que tu me donnes, qu'est-ce qui arrivera?...
MAURICE
Il arrivera que nous ferons tout de même ce que j'ai résolu. Je ne suis pas ton amant, moi; je suis ton mari, c'est-à-dire l'amant plus le chef — et le juge en dernier ressort de la vie que nous devons mener. Et je te jure que tu ne deviendras pas une femme supérieure à la façon de madame Bréautin, ou j'y perdrai mon nom!...
Et moi, je te jure qu'en ce moment-ci, tu fais une bêtise — et une vraie!
MAURICE
C'est ce que nous verrons.