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SCENE IX LANGLADE, MARIANNE

MARIANNE, aprè* un tempe.

Pourquoi ctes-vous venu aujourd'hui? Vous avez eu tort. Il était convenu que vous ne viendriez pas.

LANGLADE

Vous deviez m'écrire ou venir vous-même a Paris. Je n'avais pas de vos nouvelles; j'étais horriblement inquiet. J'ai voulu vous voir, serrer votre main, parler avec vous, ne serait-ce qu'une seconde, de Tardent et délicieux secret que nous avons ensemble... Oh! quand me rendrez-vous les heures merveilleuses des derniers jours? Dites? Quand? Vous viendrez demain à Paris, vous me !<• promettez?

\< ri. m. BCi m: i \

Ni vIUAWI

Ma mère par! demain : je ne peui p

LANGLAD]

Je vous attendrai tous les jours de cette semaine : voue trouverez bien un prétexte.

MARI WM Mais je ne Sais pas. Sur u* mouvement de Langlade.

Je l'espère... je n'en suis pas sure,,. Mais non,

mon ami... il m' îaui pas nous dissimuler qu'il va être difficile, très difficile de nous rencontrer ce! été...

LANGLADE

Cet été!... Rester tout l'été -ans nous revoir!... Ah! Marianne, fous n'y songez pas!;.. Ne me demandez pas cela, c'est impossible?... Réfléchissez ! . . .!<• ne vous aime pas d'une façon légère comme un de ces hommes <|ui. de salon en -alon, cherchent des aventures el s'amuscnl de l'amour. Oh! non... non... Notre liaison est plus grave et

f>lus forte, n'est-ce pas? -le vous aime depuis ongtemps; pendant longtemps je n'ai pas osé vous le dire... Quand mon amour a été tellement grand et tellement fort qu'il n'a plus tenu en moi, alors je vous l'ai «lit... et la possession de vous l'a rendu inguérissable... Mais vous aussi, Marianne, von- m'avez dit que vous m'aimiez!... Vous m'aimez toujours?...

MA&IANNE.

Oui... oui... mon ami... oui... aussi je vous supplie... je vous supplie d'être un peu raisonnai.I.-. Il faut absolument faire, l'un et l'autre, ce gros sacrifice d'être quelque temps séparés... j<' vous assure que c'est indispensable, sous peine des plus grands périls... Mais oui!... des plus grands périls... Non- sommes entoures de gens

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qui nous surveillent... Est-ce que vous vous faites par hasard la moindre illusion sur les pensées intimes de madame Bréautin, quand elle nous a laissés seuls tout à l'heure?...

LANGLADE, avec impatience.

Qu'est-ce que c'est, madame Bréautin?

MARIANNE

C'est le monde, c'est la calomnie, c'est le danger !... Mais ma mère elle-même s'est aperçue de quelque chose... et quant à mon mari... qui sait s'il n'a pas déjà des soupçons ?

LANGLADE

Ah! tenez, j'en suis parfois à le désirer, qu'il apprenne tout !

MARIANNE

Oh ! vous êtes fou, par exemple !

LANGLADE

Est-ce que vous croyez que je ne saurais pas vous défendre? Mais vous n'avez donc pas deviné à quel point je vous aime et quel rêve, quel rêve lointain j'ai fait? le rêve de confondre un jour nos deux existences... de vous prendre, de vous emporter, de vous avoir à moi, à moi! Oui, la voilà aujourd'hui mon ambition, mon unique ambition!... Tout le reste, travail, succès, n'est plus rien pour moi, si je n'y associe pas votre pensée!... Dites-moi que ce n'est pas impossible! Une femme de votre rang est maîtresse d'ellemême et si vous m'aimiez, Marianne!...

MARIANNE

Ali! mon ami, mon ami... Mais c'est insensé !... Comment pouvez -vous concevoir une chose pareille? Mais je ne vous ai fait aucun serment,

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aucune promesse de ce genre... Vous m'offrez tonte votre existence, mais est-ce que je peux vous donner la mienne?... Elle es! i<-i... Toul mon passé, tout iii'-n avenir sonl ici!... ;i un autr< Mais oui.. . a an autre !...

!. \\i îLADE, avec emportement.

Ali! cet autre! comme je L'appelle le hasard qui ii« » 1 1 ^ mettrait en présence t«»u> Les deux !

Oh! taisez- vous... Voilà <|nr vous songez maintenant à provoquer!... Vous osez me «lire cela ici... Taisez-vous ! Laissez-moi !

LANGLADE

Je vous demande pardon, Marianne... Je suis fou, c'est vrai... Mais dites-moi que je vous i-r\ errai bientôt.

MARIANNE, regardant par ta baie.

Voici mon mari qui revient... Calmez-vous, au

nom du ciel!... Sur un mouvement de Langlade. Non...

nui!... ne vous «'il allez pas... il a dû vous aper-

>ir... Restez... Restez... Quel mal y a-t-il?

Entre Maurice.

S< ÈNE \ Lsa Mêmes, MAURICE.

LANGl \M

Alors, madame, avec votre permission, je vais □l'installer. .

Pour lire? Ces dames oe le permettront pas, et

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elles auront bien raison... Elles vous réclament d'ailleurs...

LANGLADE

Oh î dans ce cas...

MAURICE

Nous nous retrouverons dans le parc?

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