MAI RI( I
Que veux-tu, .Marianne.' c'est l'etemel malentendu : c'est le malheur. // te lève. Nous n'y pou-
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vons rien. Car l'être que je suis vraiment, celui-là est incapable d'oublier î Oh ! je le regrette, croisle bien, et je donnerais beaucoup pour être un de ces aimables maris d'aujourd'hui qui, le sourire aux lèvres, pardonnent tous les soirs ! Mais j'aurais beau m'appliquer, je ne pourrais pas. Nous ne sommes pas maîtres de notre mémoire, ni des images qui nous traversent le cerveau. Et il y a une de ces images qui m'a un peu trop fait souffrir pour que je l'oublie, la douleur ayant été expressément inventée, d'ailleurs, pour qu'on n'oublie pas.
MAHIANM-:.
Oui... oui... je vois que tu t'es reconquis... tu as tout ton calme, je n'ai plus contre toi aucune prise, c'est fini... Oh ! il est vrai que tu veux bien te montrer très bon et très doux avec moi, tu veux bien ne pas m'humilier devant ma mère, ne pas me livrer à la calomnie, me conserver une situation dans le monde!... Mais si je t'aime, moi, si je t'aime encore? Si je ne songe qu'à une chose ? te garder. Mais je préférerais la colère, j'aimerais mieux que tu te venges, et pouvoir me dire que tout de même, un jour, je te reprendrai ! Ce que tu fais là, avec ta bonté et ton sang-froid, est plus cruel que la violence ! que la haine ! que tout !
MAUIUCK.
Mais tu ne vois donc pas la lamentable existence que nous mènerions ! Ta faute que je ne te reprocherais plus, que je n'aurais même plus le soulagement de te reprocher, nous y penserions sans cesse, moi du moins. Eh bien ! cette existence de complaisance, de lâcheté et d'hypocrisie, je ne v« -iix pas la mener! Quand on est certain de ne pas oublier, le pardon n'est qu'une comédie méprisable indigne de toi et de moi.
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je t'aime, e1 mon amour t«i forcera b nul.li.M-...
mai i;i« i.. «pereeoanl madsiiM Grrfcouri </'" «ntrepar /-• /'■""/
Allons bon ! Voilà ta mère...,
S77-.V/; 17/ I.,. Mbmbs, M VDAME GRÉCOURT.
MADAM1 GRÉCOURT
Bonsoir, mes enfants. .!«• vais me coucher. Je dois être levée demain de bonne heure... eiu >■,
■/,■ ,./ l'imbrw. MêrUnne h jetU i*n* tst bru» ti Vem-
ojobmment •* pUurunt. Eh bien! qu'est-ce «jiK'
lu as?... Comment?... lu pleures.., EU* regurdt
M»urice. Ah! je savais bien qu'il y avait cjuelque
chose I Qu'y a--t-il «loue mes enfants? Uu y a-t-il
donc? Parlez! AMuriunnu: Parle... voyons! MARIANNE, tn larmet,
Je n<v peux pas, je...
mai>ami GRÉCOURT.
Mais, c'est donc grave?
MAURICE
Autant voua le dire tout de suite.
M \1MWM
Maurice!
m \i met.
Nous qous sommet aperçus, Marianne et moi, que la vie commune était devenue impossible...
MADAME GRÉCOURT, Tinterrompant briuquement.
Qu'est ce que vous me racontez-la? Vous vous moquez de moi, n'estn e pasl,.. C'est un.- plaisanterie!... Non! c'est sérieux?
284 l'aD VERSAI KE
MAURICE
Très sérieux; et nous avons décidé de nous séparer... et de divorcer ensuite...
MADAME G-RÉCOURT.
Vous voulez divorcer?... Divorcer!...
MAURICE
Tous les torts sont de mon côté, je le reconnais, tous...
MADAME GRÉCOURT
Ce n'est pas une raison, d'abord... Allant â Marianne.) Voyons, qu'est-ce qu'il a fait ton mari9 Il a une maîtresse? C'est ça?
MARIANNE, avec énervement.
Que veux-tu que je te dise de plus? Nous divorçons... c'est convenu, c'est irrévocable... Ça arrive tous les jours.
MADAME GRÉCOURT
Ça n'est jamais arrivé dans notre famille.
MARIANNE
Enfin! puisque Maurice ne m'aime plus, autant divorcer!
MADAME GRÉCOURT
Voilà un raisonnement ridicule... (Allant à Maurice.) Dites-moi, mon ami?... Tout cela ne me paraît pas définitif... Votre femme vous pardonnera si vous savez vous y prendre...
Je ne crois pas.
MADAME GRÉCOURT, vivement.
Mais, je m'en charge, moi !... (Revenant à Marianne. Mon enfant, tu vas me faire le plaisir d'aller te jeter au cou de ton mari et de lui pardonner immédiatement toutes ces petites histoires...
En parlant, elle a /toussé légèrement Marianne du
CÔtè de su a mari. Marianne se Iroiire ainsi entre elle et Maurice.
\< I I I \ , -■< I M \ Il
N'insiste pas, maman, c'est impossible.
M \I»\MI. GRÉ< 01 l: I
Comment ! c'est toi qui refuses] El pourquoi? par orgueil, j'en suis sûre, par <•.•! orgueil que vous avez toutes maintenant... Od dirait, ma parole, (|u il n'y a que vous qui ayei été trompées Mais nous aussi, nous lavons été... Et ça ne Dous amusail pas plus que vous!... Seulement, aous avions 1»' respect du mariage cl nous considérions comme un de nos devoirs de femme et d'épouse de supporter avec dignité toutes les petit.-- trahisons courantes de no- mari-... Mrs enfanta, vous ne savez pas le chagrin que vous me faites!... Réconciliez- vous... Il n'y a rien d'irréparable là dedans... On ae brise pas une famille pour ça '.
MARIANNE, qui te trouve pré» de Maurice i ce moment, bat i celui-ci.
Maurice! une dernière fois, je t'en supplie!... Maurice reste immobile.
MADAME GRÉCOURT
Ali I -i c'est la femme qui trompe, c'est autre chose !...
MARIANNE te retournant vivement avec un petit cri.
Oh!
mal ami: GRÉG 'l m.
Alors, tant pis pour elle ! Elle a choisi un autre homme que son mari!... qu'elle le suive!... qu'elle soi! heureuse ou malheureuse avec lui, ça la regarde. Nous disons à nos maris que leur faute vaut la nôtre, el nous avons raison de le leur dire, ça les lait réfléchir <-[ ça peut les arrêter quelquefois, mais à part nous, nous savons à quoi nous en tenir. La preuve, c'est que nous aimons davantage ceux à qui nous pardonnons et
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que nous finissons toujours par mépriser ceux qui nous pardonnent! Est-ce votre avis, Maurice?
MAURÎCK.
Tout à fait.
MADAME GRÈGOURT.
Alors, j'espère que vous allez réfléchir, et que demain vous serez devenus raisonnables tous les deux... Bonsoir, mes enfants.
(Elle sort après avoir embrassé su fille el serré la main <le son (jendre.)