‹ Théâtre completChapitre 133 sur 226 · MAI RIC · texte numérisé non relu

MAI RIC

1 1 mère écrif des Lettres.

Nous sommes Beuls?

MA(!!l< I .

Oui.

MARI \N.\i:.

( (u'as-tu décidé?

MAI

Voici, Marianne... et je l'ai décidé sans colère

contre toi, sois-en bien convaincue. Tout à l'heure, je l'ai injuriée, j'ai failli te frapper... Maintenant, j'examine fa situation av. m- autant de sangfroid que je peux...

M \l;l INNE

< >h ! tu es très bon.

MAI RJ< !

.Il- ne rail pas no monstre <it j'aurais honte <!•' me venger de toi, malgré le mal que tu m'as t'ait.

L ADVKKsAllU-:

M IRIANNE.

Je souffre cruellement aussi, je te le jure.

MAURICE

En effet, tu n'es pas devenue tout à coup une femme sans conscience, aussi je vais tâcher de te faire payer ta faute le moins cher que je pourrai. Je ne veux pas t'exposer à la calomnie, aux médisances, à la perfidie de tout ce monde qui ne demande qu'à se ruer sur toi. Si je me battais demain, tu serais déchirée.

MARIANNE, avec un éclat de joie.

Tu ne te battras pas?

MAURICE

C'est un côté de la question qui nie regarde seul; n'en parlons pas. Voici ce qu'il faut faire : tu partiras demain, avec ta mère, sous prétexte de ta santé. Justement, elle te trouve un peu pâle, ça va très bien. Et quand vous serez seules toutes les deux, tu lui diras que nous nous séparons... Inutile, bien entendu, de lui avouer la vraie raison... Donne-moi tous les torts, invente ceux que tu voudras... oh! ça m'est égal!... Le divorce sera prononcé en ta faveur. A ce moment-là, le monde, notre monde à nous, s'occupera déjà d'autres aventures et d'autres scandales... Et tu redeviendras libre d'une façon élégante et convenable.

MARIANNE, après un temps.

Oui... ce que tu as décidé est irrévocable, je le sens...

MAURICE, un temps.

( )h ! irrévocable.

MARIANNE, un temps.

Ali! El tu ne veux pas me laisser le plus fragile espoir, le plus Lointain, que tout, peut-être, n'est pas fini entre nous?

ICTB IV. SCÀNB V] 's|

M M i;i« i . doucement.

Non, Marianne, car t<>ut est iini.

M Mil \\\l . neroetite.

El pourtant, il n \ a pas de crime si grand qu'iJ soit, qui ne puisse espérer d'être un jour par-? donn t un \ éritaole crime, je le reconnais,

d'avoir trahi l'amour d'un homme comme t<>i... J'en conviens, je n'ai pas d'excuse, je u'en cherche pas, je me livre a toi entièrement... Mais enfin, I homme que tues, l'homme qui as ton cœur et t<>n esprit, es-tu bien sûr «le me lavoir toujours montré, ;i in«'i (jui étais ta femme? Derrière l'ironie de ton sourire el «!•' ton langage, es tu bien sûr de ue m'avoir jamais caché — exprès — la profondeur de ton amour et la sincérité de ton cœur? Quand je t'ai vu tout à l'heure souffrir, les larmes aux yeux, je n'ai pas été seulement s,. ru uée et meurtrie, l'ai été stupéfaite aussi... oui, stupéfaite! car je ne te connaissais pas, et c'est toi qui, jusqu'à présent, m'avais empêché et comme interdit de te connaître I Oh ! certes... il n'y a pas de reproche là dedans. C'était à moi de te deviner et «le te comprendre, évidemment, évidemment. Mais je ne suis qu'une femme, moi, je n'ai pas un cerveau tout-puissant. J'avais peut -être besoin d'être aidée, éclairée, conduite! Pourquoi n'as-tu jamais daigné le faire? Kl jusqu'à ta pensée, ton talent que tu viens de livrer aujourd'hui à tout le monde, pourquoi ue me l'as-tu pas même laissé soupçonner ? Et ainsi tu me laisses ce poignant regrel que l'être que tu es vraiment, j'aurais pu vivre avec lui toute ma vie ! ...

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