MADAME JAN I II
Quelque chose de grave? Dépêchez-vous, je
n'ai pas !•' temps.
si /an m;, riant encore.
Eh bien, maman, depuis quelques j<"irs, tu deviens beaucoup trop autoritaire.
MADAME JANTEL
Qu'est-ce que c'est?
MARGUl iai E, mime jeu.
Tu deviens effrayante, <>n ne saura bientôt
plu- où se nu'ttre.
SUZANN*
Tu bons donnes des ordres avec une violence inouïe !
356 MONSIEUR PIÉGOIS
MARGUERITE, toujours arec gaieté.
Enfin ! disons le mot, tu nous traites comme les dernières des dernières !
MADAME JANTEL.
Quelle est cette plaisanterie ?
SUZANNE, l'entourant gaiement avec Marguerite.
Si ça continue, ma petite maman, la maison va devenir inhabitable.
Ne dites donc pas de bêtises !
Elle les embrasse.)
MARGUERITE
Tu promets de ne pas recommencer?
MADAME JANTEL. haussant les épaules.
Bon!
SUZANNE
Et de nous laisser faire tout ce qu'on voudra, suivant une habitude qui remonte à la plus haute antiquité?
MARGUERITE
Moyennant quoi, nous resterons les petites filles les plus obéissantes...
MADAME JANTEL.
Quand vous aurez fini de vous moquer de moi !
SUZANNE
La paix est signée. Nous servirons le café et nous lilerons à l'anglaise.
(Rentre Jantel par la terrasse.)
MARGUERITE, près du fond.
Maman, est-ce qu'on peut dire que monsieur Piégois est un homme charmant?...
MAL AMI. JANT1 I.
Od ["Mit le dire, mais d'une façon convenable «•i modén
Suzanne et Marguerite sortent par le baie <lu fond.
SCI VE III
JANTEL, MADAME JANTEL, pnû LEBRASIEP ei HENRIET1 I
M IDAME .1 w 1 1 l. -i >"// m.iri. qui marche arec agitation.
Mai« n.- -ci- donc pas aerveux comme ça... Ma parole, rien qu'à t«' voir, on devinerait qu'il se de- choses extraordinaires !...
JANTEL.
Il v a de quoi être nerveux !
MADAME JANTEL.
Raison de plu- pour être calme et se contenir.
i- est un homme d'un sang-froid prodigieux.
Ne perds pas le tien, ce serait très grave; tu te
découvrirais immédiatement Nous ne savons pas
eu n. .m- irions. Jantet t'assoit sur h- canapé. Il faut
que Piégois -<>il convaincu qu'en mettant de l'argent dans ta maison, il fait une bonne affaire. En réalité, il '-m fait une excellente... Il en fait une excellente, ]«• le répète. En tout cas, tu «lois en ètn« persuadé. Si tu ne l'es pas, il faut en avoir l'air. La conversation <|u<' vous aurez tout à l'heure ensemble Bera décisive. Tu t'en rends compte?
IAYI II.
Oui... oui... Ah! que j'ai hftte de savoir à quoi
MONSIEUR PIEGOIS
m'en tenir. Pourquoi diable as-tu invité tout ce monde?
MAI) ami; jantel.
Vraiment, pourquoi? C'est enfantin cette question! Tu aurais préféré que nous déjeunions tous les trois, sournoisement, et que Piégois devine au premier mot que tu Tas attiré dans un traquenard !
JANTEL, protestant.
Mais pardon!... 11 n'y a là aucun traquenard.
MADAME JANTEL.
Comprends donc que notre habileté a été justement de ne pas nous presser depuis notre conversation de l'autre jour, au casino... de n'avoir rien dit de compromettant... de n'avoir parlé que de constructions futures, de terrains, jamais un mot d 'affaires.. . Piégois est à cent lieues de soupçonner la situation véritable.
JANTEL.
Evidemment.
MADAME JANTEL.
Nous l'avons invité à déjeuner une première fois en famille... une seconde fois, aujourd'hui, avec I Ici-bel in et quelques amis. Le déjeuner a été gai... Piégois est un homme de famille, as-tu observé ee détail?... Il est plein d'attentions et de galanterie pour nos filles pour Henriette... Il a beaucoup de tact... Le voilà tout à fait à son aise avec nous. Il est mûr pour t'écouter dans les meilleures conditions... Tout le monde s'en ira après le café, tranquillement, naturellement, et je vous laisserai seuls, comme si de rien n'était.
JANTEL.
Il sera temps. J'ai encore reçu tout à l'heure
\. i ! H, SCÈNI m
une lettre de Paris, très pressante, fcrèi inquiétante Je devrais ôtre parti pour parer au plus press
M A h AMI. JANTI I.
Tu n'as rien <lii à ta sœur, j'espèn
JANTEJ
.1 \ ai songé. Mais elle n'esf pas assez riche pour venir utilement à mon secours. Son mari n'a laissé qu'une très petite fortune... Ce qu'elle possède, elle me l'offrirait. ..
MADAM1 JANTEL
Sans doute.