‹ Théâtre completChapitre 18 sur 226 · I..- Mêmes, CLOTILDE, JOSSAN, LE BARON DE MORÈNES · texte numérisé non relu

I..- Mêmes, CLOTILDE, JOSSAN, LE BARON DE MORÈNES

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Quelle bonne idée !

(Elle embrasië <:i<>hl<le.

CLOTILDE

Je n'ai pas voulu passer à Angers sans vous présenter mon frère, monsieur Jossan, André Jossan.

JOSSAN.

Madame...

LA BAUDIÈRE, àttahi à André.

Nous, il n'y a pas besoin de nous présenter.

LA rilATEI.AINE

JOSSAX.

Nous sommes de vieux amis.

LA BAUDIÈRE.

De club !

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Mon mari me parle de vous fort souvent, monsieur, et je vous connais bien. D'ailleurs qui ne vous connaît pas?

André s'incline.)

LA BAUDIÈRE.

Y a-t-il longtemps qu'on ne s'était pas rencontres, hein ?

JOSSAX.

Des années... Vous ne venez plus à Paris faire votre piquet?

LA BAUDIÈRE.

Pardon! Pendant que nous y sommes... Vous m'avez vu souvent jouer au piquet?

Cent fois, mille fois.... Vous ne faisiez que ça.

LA BAUDIÈRE.

Au piquet et non au baccara? Combien de fois m'avez-vous vu jouer au baccara?

JOSSAX.

Jamais !

LA BAUDIÈRE. à sa femme.

Tu vois, ce n'était nullement préparé. Ma femme était convaincue que je jouais au baccara.

MADAME DE LA BAUDIÈRE, avec une voir subitement doucereuse.

Tu faisais ce que tu voulais, mon ami. Tu sais bien que je ne me mêle jamais de tes plaisirs.

CLOTILDE

Vous êtes une femme modèle.

ICTE I , SCÈNE I X .1 i

LA BAI Ml RE, i André.

Quant il vous, le jeu... fini, hein?

JOSSAN.

Ma Foi, <»ui !

LE BARI >.\. bu peu bourru.

Espérons-le.

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Vous étiez très joueur, monsieur .loss:m ? Kst-ce possible !

i- >SSAN.

Hélas, oui, madame. Et il est également pos- ^il»l»' qu'on cesse (Je l'être,

LK BARON

Hum'.

LA BAUDIÈRE.

Avant vous, mon cher, je ne le croyais pas... Ah ! vous êtes un joli exemple !... Comment avezvous fait?

J( ISSAN, $ouriant.

Je vous raconterai ça.

CLOTILDE

Nous en avons été bien heureux, mon mari et moi, moi surtout.

LK BARON

Mais moi aussi.

CL< >l ILDE.

André nous négligeait beaucoup. On ne le voyait presque plus, et tout d'un coup le voilà devenu un homme sérieux, un homme célèbre et le plus grand travailleur du monde. J'ai visité au printemps les quatre usines qu'il a aux environs «If Paris. Quatre usines!... Ht admirables! Avec trois ou quatre cents ouvriers sous ses ordres... Et des gens qui l'adorent, ce qui est fabuleux! Il y a un contremaître qui m'a dit de lui : « C'est

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un homme, madame, à qui on aime à obéir. » Ce qui prouve, comme dit l'Ecriture, qu'un débauché qui se met au travail est plus utile à la société que dix travailleurs qui n'ont jamais fait de bêtises.

JOSSAN, à madame de La Baudière.

Je suis honteux, madame, de lous les compliments dont on m'accable devant vous.

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Vous les méritez, monsieur, j'en suis sûre. Et vous êtes venu vous reposer un peu de vos travaux dans la belle propriété de votre beau-frère?

CLOTILDE

Se reposer, à peine ! Il est obligé de surveiller ses affaires de loin ; trois fois par semaine son secrétaire vient travailler avec lui, et il envoie des télégrammes à Paris toute la journée.

LE BARON

C'est-à-dire qu'il n'y a plus moyen d'avoir un domestique depuis que ce gaillard-là est ici!

CLOTILDE. riant

Il faut vous dire, chère madame, que dans sa conversion, puis dans ses triomphes, André a toujours eu un détracteur...

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Et qui donc?

CLOTILDE

Mon mari.

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Oh!...

LE BARON-

Permettez, ma chère!...

CL< »iii.i>i:.

Si : si I ... o'asl curieux, mais c'est comme ça... Mon mari ne croit pas au talenl d'André, h énergie, à sa notoriété... Ça a beau être l'évidence, non, il n'y croit pas! Voilà bien la famille!... Il a beau entendre l<>nl le monde autour de lui...

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