I.l CIENNE
J'étais là quand il l'a décachetée.
.1* >SSAN.
Al. !
LUCIENNE, riant.
El si vous lui avez écril celle lettre pour le mettre en colère, je crois pouvoir vous dire que voua avez joliment réussi*
J< >SSAN, riant aussi.
Parfait. Qu'est-ce qu'il a dit?
Dès le- premières lignes il >"est écrié : << Ça,
par exemple, c'esl trop fort ! Ils ont fait ! ne chose pareille ^;in< me consulter? Ils me le paieront ! »
.IMSSW
Très bien.
LUCIENNE
l'uis il m'a demandé : « Ta mère est dans sa chambre? » et sur ma réponse affirmative, il a fait quelques pas comme pour aller lui parler. Mais alors il ;i continue la lecture de votre lettre et il s'est calmé tout à coup en murmurant : « Il a raison... oui... il a raison. » C'est de vous qu'il parlait cette fois-ci.
124 LA CHATELAINE
JOSSAN.
C'est de moi.
LUCIENNE
Ensuite, il a retroussé sa moustache et il m'a embrassée.
JOSSAN.
Il a bien fait.
LUCIENNE
Sur ces entrefaites, mère est entrée et papa a mis tranquillement votre lettre dans sa poche. « Qu'est-ce que c'est que cette lettre? » a demandé mère. Et papa a répondu d'un air détaché : « C'est sans importance, » n'hésitant pas à me donner ainsi le plus dangereux exemple de dissimulation entre mari et femme. Et maintenant, monsieur, tenez-vous à savoir pourquoi je me livre en votre faveur à ce léger espionnage?
JOSSAN.
J'y tiens absolument.
LUCIENNE
D'abord, c'est parce que, en confiant votre procès à monsieur de Méray vous lui rendez un grand service et à moi aussi, par conséquent, puisque monsieur de Méray et moi nous voulons nous marier, et que cela facilitera peut-être notre union.
JOSSAN.
Je me suis adressé à monsieur de Méray, parce que c'est un avocat de grand talent.
LUCIENNE
Vous n'en savez rien, puisque vous ne l'avez jamais entendu plaider et qu'il n'a pas une grande réputation. Vous lui confiez votre procès, au risque de le perdre, par sympathie pour moi, je l'ai parfaitement deviné.
.m. i i. IV, SCÈNE 1 125
.h ISSAN.
Ces! vrai, pourtant, que j'ai beaucoup dé sympathie pour vous.
l.i Cil \\i
Je n'ai même pas deviné que ça.
JOSSAN.
El qu'avez-vous deviné encore .'
Qu'on essayait de nous marier et que cette idée ne vous allait pas du tout...
,i< >SSAN.
Permettez, mademoiselle...
LUCIENNE
Mais c'est («ail naturel. D'ailleurs, moi-même, quoiqu il n'y ait pas une jeune fille qui ne doive être nère de porter votre nom, je me serais vue dans L'obligation de refuser. Que voulez-vous? On n'est pas maître de ses sentiments. Vous m'excuserez, n'est-ce pas?
.i< ISSAN.
Vous êtes délicieuse.
LUCIENNE
Pendant que j'y suis, je vais vous dire encore quelque chose. J'ai compris d'après des mots entendus, de-ci, de-là, que vous n'aviez pas ici que des amis. Eh bien! si vous avez besoin d'une petite alliée, ne vous gênez pas, je suis là.
3\ >SSAN.
Merci, mademoiselle Lucienne. J'accepte. Et je vais en profiter tout de suite en vous priant de me donner un simple renseignement.