‹ Théâtre completChapitre 58 sur 226 · SCENE il · texte numérisé non relu

SCENE il

JOSSAN, LA BAUDIÈRE.

LA BAUDIÈRE.

Ali! mais nous allons voir!... Vous savez que depuis que j'ai reçu votre lettre je ne décolère pas. Devinez ce que j'ai rêvé tout à l'heure en faisan! ma sieste?... Oui, en-effet, vous ne pouvez guère... Mon cher, j'ai rêvé que je flanquais des calottes à ma femme, moi, La Baudière! Ce n'était qu'un rêve, malheureusement.

Madame de La Baudière nr vous avait rien

raconté hier soir?

130 LA CHATELAINE

LA BAUDIÈRE.

Absolument rien. Elle était arrivée de Sauveterre de fort méchante humeur ; elle avait les sourcils froncés et l'air menaçant. Mais elle prend cet air-là pour la moindre des choses et je n'y avais même pas fait attention.

JOSSAN.

Et votre neveu ?

LA BAUDIÈRE.

En le voyant avec son fils, j'ai cru tout bonnement qu'il voulait le garder vingt-quatre heures avec lui, du consentement de Thérèse, bien entendu. Qui aurait imaginé une histoire pareille? Ils me le payeront tous les deux. Je ne sais pas comment, mais ils me le payeront ! Nous empêcherons cette insanité. Avez-vous un plan?

JOSSAN.

Oui, mais d'abord, il faut que je vous explique pour quelle raison je prends tant d'intérêt...

LA BAUDIERE.

Ah! mon cher ami, c'est bien inutile... Je le sais.

JOSSAN.

Ah!

LA RAUPIÈRE.

Vous aimez Thérèse, et comme je vous comprends! Vous l'avez même aimée cinq minutes environ après lavoir vue.

JOSSAN.

Oui, à peu près.

LA BAUDIÈRE.

Je me trompe peut-être d'une minute ou deux, mais ça m 'étonnerait. Je lai deviné tout de suite et j'en ai été très heureux.

JOSSAN.

Vraiment?

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