LA BAI DU RE
Ma parole, j'ai pour vous la grosse affection. Quand voua huit/ épousé Thérèse, il ue Faudra pas in'oublier. Vous viendrez me voir de temps, en temps?
J< >SSAN.
Je vous promets, La Baudiôre, que je viendrai tous les étés l'aire nue partie de billard avec vous.
LA BAUDJÈRE.
Bravo ! Cette affaire-là <i-l capable de me rajeunir de dii ans.
.Ii iSSAN.
N'eu doutez pas. Mais seulement pour cela...
En effet. Voyons votre plan, car il faut nous dépêcher. Mon animal de neveu prend le train de <inq heures, je crois, et d'après ce que vous me dites, il emmène le petit.
.i< >S8AN.
Il ne part pas aujourd'hui.
LA BAUDIERE.
JOSSAN.
la BAUPI&RE.
JOSSAN.
Comment ça?
Il me cherche.
Vous '
Moi.
LA BAI Djj RE.
E1 pourquoi faire !
JOSSAN
Mais je suppose que c'est pour me provoquer.
132 LA CHATELAINE
LA BAUDIÈRE.
Morbleu!... Si je savais cela!...
JOSSAN.
Chut ! N'empêchez rien, c'est excellent. D'abord, ça retardera son départ de deux ou trois jours...
LA BAUDIÈRE.
Si vous croyez que je vais vous laisser battre en duel avec cet idiot !
JOSSAN.
Nous n'y arriverons qu'à la dernière extrémité, rassurez-vous. Et nous n'y sommes pas encore. Je connais ces natures-là. J'en ai rencontré beaucoup et j'y ai réfléchi depuis hier. Elles ne sont pas foncièrement mauvaises.
LA BAUDIÈRE.
Qu'est-ce que ça serait, si elles l'étaient!
JOSSAN.
Elles ne sont devenues mauvaises et dangereuses que sous l'action des circonstances et de la vie. Mais le fond primitif est bon, il est quelquefois même très bon. Thérèse m'a raconté sa conversation avec son mari ; cet homme n'est pas ce que je croyais : il est surtout malheureux. J'aime mieux avoir affaire à un homme comme votre neveu qu'à un hypocrite ou à un poltron.
LA BAUDIÈRE.
Il n'est ni l'un, ni l'autre, c'est vrai. D'ailleurs, j'ai remarqué qu'il n'a pas l'air bien fier de ce qu'il a fait, ce monsieur.
JOSSA.V
Et pour nous résumer, puisqu'il me cherche, et qu'il finira nécessairement par me trouver,
autant lui épargner la moitié du chemin. Maintenant, voici commenl nous allons opérer. Vous êtes censé ne rien savoir, n'est-ce pas?...
LA BAUDIÈRE.
Rien du fout.
JOSSAN.
Eh bien! Nous qous présenterez l'un à L'autre cel après-midi, à la première occasion, aussi naturellement que vous L'auriez l'ait si nous nous étions rencontrés chez vous, par hasard. Il sait que je suis ici, il ne s'éloignera pas. Nous verrons bien ce qui arrivera.
LA BAI DIÈRE.
C'esl peut-être, en efTet, ce qu'il y a de mieux. Paisons-nous notre partie de billard en attendant?...
JOSSAM
Tout à l'heure. J'ai rendez-vous avec Thérèse. Elle va venir embrasser son enfant. Elle sera très calme, je lui ai fait la leçon.
LA BAUDIÈRE.
Moi, je vais proliter de cette histoire qui me donne barre sur ma femme pour marier Lucienne avec notre jeune avocat, et avec une autorité et une énergie dont la pensée m'amuse d'avance.
j< >ssan.
Vous me raconterez ça?
LA BAUDIÈRE.
.Nous en rirons ensemble. La porte s'ouvre. Ah! Voici précisément madame de La Baudière.
.i« >SS w Bonne chance. A madame de La Baudière qui est entrée. Votre santé est bonne, chère madame?
[34 L» CIIATELAINK
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Elle n'a jamais été meilleure, monsieur, je vous remercie.
JOSSAN, en sortant
Vous m'attendez La Baudière?
LA BAUDIERE.
Oui, mon bon ami.
(Sort Jossan.)