‹ Théâtre completChapitre 66 sur 226 · SCENE X JOSSAN, GASTON · texte numérisé non relu

SCENE X JOSSAN, GASTON

GASTON, dès que la porte est refermée.

Monsieur, je pense que vous n'avez pas pris au sérieux la poignée de main que j'ai été obligé de vous donner devant mon oncle?

JOSSAN.

Mais, monsieur, je l'ai prise comme une poignée de main de salon. Ça ne signifie rien, <;a n'engage à rien. On en donne comme ea toute la journée.

GASTON, — un temps.

Monsieur, j'avais l'intention de me présenter cet après-midi chez vous ou plutôt chez le baron de Morènes, votre beau-frère, où vous habitez...

JOSSAN.

Et à quoi devais-je l'avantage de cette visite?

GASTON

Vous ne devinez pas?

JOSSAN.

Non.

GASTON

Pourtant, je suppose que nous n'avons guère besoin d'explications après ce qui s'est passé entre nous?

JOSSAN.

Entre nous, mais que s'est-il donc passé? Car, sauf de vous acheter une propriété, ou plutôt de l'acheter à madame de Rive, je ne vois pas quels rapports nous avons eus ensemble jusqu'à présent.

GAST< 'N

Épargnons-nous des paroles Inutiles, voulezvous? Vous vous êtes depuis quelque temps mêlé à ma vie d'une façon directe et malfaisante. En tout cas, je l;i considère comme malfaisante, c'esl l'essentiel... .1»' vous en demande raison... Je suis dans un étal d'esprit tel que si vous refusiez de vous battre, je vous y contraindrais... Quand un homme connut' moi tient absolument à se battre avec un bomme comme vous, il y arrive toujours, c est facile.

JOSSAN.

Monsieur, j'ai eu un assez grand nombre de duels, et la plupart pour dos motifs insignifiants. Depuis, il s'est fait dans mon esprit certains changements dont je ne dois compte à personne. La vu humaine, qui me semblait de peu d'importance, aussi bien celle de mon adversaire que la mienne, m'est apparue comme une chose beaucoup plus sérieuse, depuis que j'ai découvert qu'on pouvait en l'aire un assez bon usage. Et je me suis promis de ne plus la risquer que pour un but qui en vaudra la peine, ou si j'ai offensé quelqu'un si gravement qu'il me soit impossible de lui accorder une autre réparation que de risquer nos deux existences l'une contre l'autre. Veuillez donc me dire quelle offense je vous ai faite ? Quand je saurai ce que je vous dois, je vous paierai, pas avant.

GASTON

nui... oui... vous avez le calme et l'insolence d'un homme heureux!... Moi, je n'ai pas mon

sang-froid, j'ai la fièvre, vous en profite/!... Mai-, à part vous, vous savez bien dans quelle situation nous sommes tous les deux... Vous savez bien pourquoi je veux me battre! pourquoi

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