SCENE II Les Mêmes, MADAME BRÉAUTIN
MADAME BRÉAUTIN. riant
Mais j'ai entendu!... Ma chère amie, c'est la première fois que j'entre dans un salon pendant qu'on dit du bien de moi... Je vous dois une sensation nouvelle, je ne l'oublierai pas...
(A madame Grécourl. lui prenant les deux mains:) Que je
suis contente de vous voir, chère madame!... Votre santé est bonne?
MADAME GRÉCOURT
Mon Dieu ! oui, à quelques bagatelles près... Et notre député? Aurai-je le plaisir de le voir?
MADAME BRÉAUTIN:
Mais dans un instant, je pense... Je lui ai donné rendez-vous ici, après la séance, et je vais l'attendre, si vous le permettez.
MARIANNE
Je crois bien.
MADAME GRÉCOURT
J'ai lu dernièrement son discours sur...
actf !, »< i'm: Il 1 »'>.<
MADAME BRÈAUTIN.
oh ! ce n'étail pas un discours... J'aime mieux,
d'ailleurs, qu'il ne prononce pas de discours... il
a dil quelques mots, voilà tout... A Marianne: Au
fait, vous aviez commencé tout à l'heure, ma chère, une phrase <|ue j'ai interrompue bien malgré moi. Serait-il indiscret?...
M UUANNB.
Oh! non, certes!... J'ullois dire à ma mère quelle reconnaissance et quelle amitié j'avais pour vous. Vous nous avez offert, vous avez offert à mon mari, votre crédit, vos relations, votre influence que tant de gens recherchent. Mon mari ii ;i pas su ou n'a pas voulu en user, c'est un de mes grands chagrins.
MADAME BRÈAUTIN.
C'est vrai, il a refusé trois ou quatre affaires très intéressantes que je lui apportais. Il ne vient
?[ue très rarement chez moi, strictement ce qu'il aut pour que nous ne soyons pas brouillés. C'est dommage, car j'avais tout un plan qui le concernait...
MARIANNE
Ah!
MADAME BREAUTIN
Oui... Mon mari, — il n'y a aucune vanité à le dire — mon mari sera ministre bientôt. 11 lait partie de toutes les combinaisons qui doivent remplacer le cabinet actuel. Eh bien! j'avais rêvé de lui donner Darlay comme collaborateur, sous une forme ou sous une autre...
MARIANNE
Oh! mais voilà une idée... (A .•?<•< mùr<>: N'est-ce pas? \ mad*me Bréaulin: lui awz-vous déjà parlé à Maurice?